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General Electric: Mélenchon attaque Macron et son idéologie "financiariste" depuis Belfort

Jean-Luc Mélenchon est à Belfort ce samedi pour manifester contre le plan social annoncé par General Electric au sein de son usine dans la ville. Avant ça, il a rencontré l'intersyndicale et a donné une conférence de presse. Il a défendu l'importance du savoir-faire des ouvriers et a remis en cause la politique économique vantée par le chef de l'Etat.

Une manifestation est organisée ce samedi à Belfort. Elle vise à protester contre le plan social annoncé par General Electric le 28 mai dernier, prévoyant la suppression de 1050 emplois en France, dont environ 800 sur son site belfortain, consacré à la production des turbines à gaz. Jean-Luc Mélenchon, député élu dans les Bouches-du-Rhône et leader de la France insoumise, a fait le déplacement pour se joindre à la mobilisation. Auparavant, il a donné une conférence de presse. Il y a fait l'éloge des compétences des travailleurs de l'usine et de l'importance de celles-ci pour le pays:

"Nous autres, Français, si nous voulons passer l'objectif de modifications de nos recours énergétiques, nous sommes obligés d’en passer par les savoir-faire et qualifications ouvrières concentrés ici. C’est donc une grande cause de savoir, de savoir-faire, au-delà même des questions sociales qui sont naturellement gravissimes pour la ville de Belfort."

"Comme beaucoup, je ressens une blessure"

Il a poursuivi: "Comme beaucoup, je ressens comme une blessure à l’idée qu’on puisse abandonner de tels outils, de tels collectifs humains, et quand je parle de collectifs humains je ne parle pas seulement des travailleurs de l’entreprise mais de toute une population, qui depuis au moins un siècle se mobilise sur la production industrielle, avec un patriotisme qui a commencé avec le fait que cette société a été créée par une entreprise alsacienne qui voulait rester française et qui s’est établie à Belfort." Il a alors ajouté:

"C’est donc davantage que d’usine dont il est question. C’est une question de science, de technique et de patrie."

Jean-Luc Mélenchon a appuyé le propos du député Les Républicains Olivier Marleix qui avait pointé un "pacte de corruption" dans la vente du pôle énergie d'Alstom au groupe américain General Electric. "Si monsieur Marleix a parlé de pacte de corruption, j’estime qu’il a des éléments pour le faire", a-t-il précisé.

Mélenchon pointe les "vues de l'esprit" de Macron 

Le parlementaire insoumis s'est à nouveau trouvé devant la presse après sa rencontre avec l'intersyndicale. L'occasion cette fois de dire son mot sur la politique économique d'Emmanuel Macron:

"Le président de la République est tellement imbu d’idéologie 'financiariste' qu’il croit qu’il suffit d’avoir réglé un problème sur le plan comptable pour que la réalité industrielle suive. Mais c’est une vue de l’esprit! Pour fabriquer une turbine à gaz, il peut toujours mettre un paquet de dollars à côté, s’il n’y a pas les ouvriers pour le faire, et qui ont le savoir-faire, il n’y a pas de turbine."

Il a fait état peu après d'une discussion entre lui et le président de la République autour de ce dossier: "A moi, il a dit qu’Alstom transports sans Siemens, ce n’était pas viable. Un mois après, on apprenait qu’ils faisaient les plus gros bénéfices de leur histoire. Donc cet homme visiblement n’y connaît rien pourtant il prend des décisions d’une gravité exceptionnelle."

"Il aura droit à sa petite ration d'Alstom"

Jean-Luc Mélenchon a rappelé qu'il participerait lundi à Marseille à une réunion avec le chef de l'Etat qui se déplace dans la cité phocéenne à l'occasion du "sommet des deux rives" qui rassemblera des représentants des deux berges de la Méditerranée. "Il aura droit à sa petite ration d’Alstom", a promis Jean-Luc Mélenchon.

Robin Verner