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"Système de corruption généralisé" au FN: un ex-conseiller de Marine Le Pen accuse

Gaël Nofri, conseiller pendant la campagne de Marine Le Pen en 2012, a pris depuis ses distances avec le Front national. Il assure avoir été rémunéré par un contrat fictif et dénonce plus largement un système de surfacturation mis en place au sein du parti.

C'est un témoignage qui accable la défense de Marine Le Pen. Déjà accusée d'emplois fictifs au Parlement européen, la présidente du Front national est mise en cause par l'un de ses anciens conseillers. Gaël Nofri, conseiller aux services publics lors de la campagne présidentielle de 2012, dit avoir été rémunéré par un contrat fictif.

"Le contrat sur lequel j’ai travaillé et qui devait reposer sur la campagne présidentielle de Marine Le Pen en 2012 n’a pas été respecté", assume sur BFMTV le jeune homme. "Finalement, après le contrat rétrospectivement une reconstitution a été faite afin de le faire porter sur une société privée qui tire une partie substantielle de ses bénéfices du remboursement des comptes de campagne des élections législatives du Front national."

Des preuves

A Mediapart et Marianne puis à l'AFP, Gaël Nofri a expliqué avoir été embauché en 2011. En 2012, le parti lui aurait proposé de signer un contrat "avec le Parlement européen". Proposition qu'il aurait refusée. Désormais élu Les Républicains, il explique qu'en mai 2012, son contrat s'est arrêté. Au moment où il a voulu s'inscrire au chômage, il s'aperçoit que "les cotisations n'ont pas été versées". Il convient avec la direction du parti qu'un nouveau contrat va lui être envoyé. Cette fois-ci, "ce n'est pas un contrat de campagne mais de conseil dans son cabinet d'expertise comptable".

Gaël Nofri, qui a signalé ces faits dès 2014, assure disposer des preuves de ce qu'il avance. "Si moi-même je n’avais pas été d’une honnêteté scrupuleuse et si tout n’était pas prouvé, j’aurais été moi-même renvoyé en correctionnel, assure l'ancien conseiller de Marine Le Pen. J’ai un certain nombre de preuves, de mail, de SMS, d’échanges que j’ai fournis en temps utile aux enquêteurs. Quand je dis en temps utile, c’est dès 2014." Le jeune homme regrette que ces éléments resurgissent à quelques semaines de l'élection présidentielle. 

"Si cette affaire avait été traitée avant et si justice avait été rendue avant je pense qu’il n’y aurait pas aujourd’hui une sorte de doutes sur les motivations qui nuisent au bon déroulement de la justice et de la campagne", estime-t-il.

Marine Le Pen au courant?

Plus largement, Gaël Nofri dénonce un système de surfacturation généralisé au sein du parti. Le Front national est soupçonné d'avoir mis en place une vaste escroquerie, via des kits des campagnes produits par Riwal, qui appartient à Frédéric Chatillon, un très proche de Marine Le Pen, basée sur des surfacturations. "Ce n’est pas seulement moi qui le dénonce, rappelle l'ex-conseiller. Il y a un certain nombre de surfacturations sur lesquelles la justice a enquêté, sur lesquelles des décisions vont être rendues."

Selon Gaël Nofri, cette organisation était connue de tous au Front national. "Il y a un problème de fond, il y a un problème sur les attachés parlementaires, il y a un problème que toute personne qui a un tant soit peu approché les choses n’a pu que constater. Ce système a été l’une des raisons de mon départ", poursuit-il, avant d'aller plus loin. 

"Par les SMS que je lui ai envoyés, par les emails que j’ai adressés à son compagnon (Louis Aliot, NDLR), je crois qu’il est totalement impossible de penser que Marine Le Pen n’était pas au courant", conclut-il.

J.C.