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Près d'un camp de Roms, Le Pen demande des "démantèlements massifs"

Marine Le Pen a durci le ton à l'égard de la communauté Rom.

Marine Le Pen a durci le ton à l'égard de la communauté Rom. - -

Marine Le Pen s'est rendue à proximité d'un camp de Roms jeudi dans l'Essonne, et a promis qu'elle procèderait au démantèlement de tous les bidonvilles et au renvoi de "tous les clandestins" si elle était élu.

Marine Le Pen a durci le ton à l'égard des clandestins, lors d'un déplacement à proximité d'un camp de Roms, dans l'Essonne.

Avec des baraquements très précaires et quelques caravanes en arrière plan, à quelque 200 mètres de son pupitre, la présidente du FN a accusé l'UMP et le PS d'être "co-responsables de l'arrivée massive des Roms en France", en laissant l'Europe "s'élargir sans cesse à de nouveaux pays" et en organisant "l'ouverture totale de nos frontières".

"L'UMP et le PS ont laissé se développer une délinquance et une criminalité insupportable, liée à des réseaux nomades étrangers": "cambriolages", "vols à l'arraché", "dégradation de biens publics et de services publics, notamment ferroviaires, violences et parfois crimes", a affirmé la dirigeante frontiste.

"Un objectif zéro campement de Roms en France"

Peu à peu, une poignée d'habitants du campement, adultes et jeunes, se sont approchés, curieux. Mais il n'y a pas eu d'échange avec Marine Le Pen, qui a quitté les lieux immédiatement après la fin de son point-presse.

"Nous devons avoir pour objectif zéro campement de Roms en France" en l'espace de trois mois, un "délai indépassable" selon elle, et procéder au "renvoi de tous les clandestins sans aucune exception", a martelé la présidente du FN. Cela suppose de "remettre en place des frontières et des contrôles douaniers", de supprimer le traité de Schengen et d'organiser un référendum sur la fin de l'Union européenne, a-t-elle ajouté.

Marine Le Pen a de nouveau suggéré que les Roms mettaient eux-mêmes le feu à leurs bidonvilles pour être relogés par les pouvoirs publics.

"Les feux, il n'y a pas besoin de les allumer"

Sur place, le père Frédéric Gatineau a expliqué que beaucoup des 150 à 200 Roms vivant dans ce camp y avaient été accueillis après l'incendie d'un autre bidonville, non loin de là, à Massy. Le camp de Wissous avait lui-même pris feu en mars.

"Il suffit d'aller dans les baraquements pour comprendre que les feux, il n'y a pas besoin de les allumer, malheureusement ils arrivent tout seul", a expliqué le prêtre, qui vient en aide aux Roms. "Je pense que si Marine Le Pen rencontrait ces personnes, elle aurait peut-être un autre discours", a-t-il aussi commenté.

"Cela aurait été bien" qu'elle se rende dans le campement. "Je pense qu'elle aurait été bien reçue. Ils ne la connaissent pas spécialement, ils n'ont pas d'a priori... J'étais prêt à l'accompagner mais elle est partie bien vite dans sa belle voiture noire", a-t-il ironisé.

Il y a en France environ 20.000 Roms vivant dans quelque 400 campements illégaux.

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Emmanuel Bringuier avec AFP