BFMTV

Marion Maréchal-Le Pen: "Je voterai contre" la révision constitutionnelle

Marion Maréchal-Le Pen, députée Front national du Vaucluse, était mardi matin l'invitée de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et sur RMC.

Invitée mardi matin sur BFMTV et RMC, Marion Maréchal-Le Pen ne se trouvait pas à l'Assemblée lundi soir et n'a donc pas pris part au vote de l'article 1 de la révision constitutionnelle sur l'état d'urgence: "Je ne vois pas l'intérêt de cette constitutionnalisation de l'état d'urgence puisqu'elle est dans la loi".

Sur le vote global qui doit avoir lieu mercredi, "je voterai contre", prévient la députée FN, "parce que nous sommes très loin des objectifs affichés par François Hollande il y a plusieurs mois, lorsqu'il disait que l'objectif était d'élargir le périmètre de la déchéance de nationalité. Aujourd'hui, la rédaction est faite de telle manière que nous arrivons à une restriction du droit existant".

Marion Maréchal-Le Pen "ne souhaite pas créer des apatrides". "Je ne crois pas que ce soit une solution", ajoute-t-elle. "Je suis pour une déchéance qui puisse s'appliquer à la fois aux personnes nées françaises comme aux personnes qui ont acquis cette nationalité. Et je souhaite qu'il n'y ait pas de restriction dans le temps à cette déchéance, parce qu'aujourd'hui il faut que le crime ait été commis dans les quinze années de l'acquisition de la nationalité".

"Le FN peut apaiser la France"

Marion Maréchal-Le Pen appelle à la fermeture des mosquées salafistes, et estime que "nous n'expulsons pas suffisamment les imams radicaux". La députée FN souhaite-t-elle supprimer le droit d'asile? "Je suis pour une réforme profonde du droit d'asile, parce que c'est un droit dévoyé de sa fonction première, que c'est une filière d'immigration clandestine bis. Aujourd'hui, les gens déposent une demande de droit d'asile, 80% en sont déboutés mais ne quittent jamais le territoire français à l'issue de ce refus. Donc il faut changer les critères, la liste des pays concernés". Marion Maréchal-Le Pen n'est pas prête à accueillir des réfugiés dans le Vaucluse. "Malheureusement, c'est déjà le cas", ajoute-t-elle. 

La sortie de l'euro "fait partie des sujets importants", juge Marion Maréchal-Le Pen. Au sein de l'Union européenne, le Front national demande "un statut dérogatoire pour la France sur un certain nombre de sujets", au même titre que le Royaume-Uni. "Je suis convaincue que le Front national est un mouvement qui peut apaiser la France", estime la députée FN, dans une allusion au dernier slogan en date de son parti: "La France apaisée".

Marion Maréchal-Le Pen soutient-elle Pegida, ce mouvement d'extrême droite qui a appelé à manifester contre les migrants à Calais? "Je ne suis pas du tout l'avocate de ce mouvement. En revanche, ce qui me déplaît fortement dans la dérive du gouvernement, c'est cette tendance au prétexte de l'état d'urgence, d'interdire des manifestations (...) Je trouve que dans ce pays, il y a deux poids, deux mesures".