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Le FN prêt à un référendum sur la sortie de l'Union européenne

Denis Charlet - AFP

Denis Charlet - AFP - -

Réuni en séminaire sur la question le week-end passé, le parti de Marine Le Pen envisage de négocier "quatre souverainetés essentielles" avec Bruxelles en cas d'accession au pouvoir. En cas d'échec une sortie sur le modèle britannique est envisagée.

Le Front national, réuni le week-end dernier en "séminaire", a réaffirmé son attachement à "la souveraineté nationale et la souveraineté économique et monétaire" de la France. En effet la position du parti présidé par Marine Le Pen sur la sortie ou non de l'euro est un thème de division interne autant qu'un élément qui effraye les électeurs. C'est le principal problème du Front national qui avance cette idée depuis 2002. "Depuis quatre ou cinq ans, le Front national est bloqué à 36% de confiance en termes de crédibilité gouvernementale", expliquait à BFMTV Emmanuel Rivière, de l'institut TNS-Sofres.

"Nous devons faire preuve de plus de pédagogie et répéter que nous aurons d'abord comme objectif de poser nos conditions à l'Europe. De plus, un éventuel "le retour à la monnaie nationale devrait être validé par un référendum" ont affirmé Gilbert Collard et David Rachline sur Europe 1

Mais cela va plus loin encore, précise un cadre du FN à BFMTV. "Le parti entend négocier avec Bruxelles pour retrouver les quatre souverainetés essentielles de la France: frontalière (Schengen), budgétaire, monétaire et législative". Et en cas d'échec, "par référendum, serait posée la question de la sortie de l'Union européenne," précise-t-il, confirmant une hypothèse déjà formulée par Marine Le Pen en 2015. "Sans souveraineté, un pays ne peut rien faire", a martelé de son côté Louis Aliot sur RFI

Sur le modèle britannique

A Strasbourg au Parlement européen mais aussi lors d'un meeting à Milan, les élus du FN, Marine Le Pen en tête ont plusieurs fois vanté le Brexit à la sauce Cameron. Au Front national, on estime que le débat britannique valide leurs propositions. Le numéro 2 du parti, Florian Philippot, avait assuré avant la réunion que Marine Le Pen défendrait en 2017 la fin de la monnaie unique européenne

Le FN vante plutôt une monnaie commune et proposerait une monnaie nationale paritaire avec l'euro. Quant au nom choisi pour cette monnaie, le débat est ouvert au sein de FN mais un retour au "franc" ne tient pas forcément la corde.

Les Français peu convaincus par une sortie de l'euro

Selon les études des instituts de sondage, seul un Français sur quatre serait favorable à une sortie de la France de la zone euro, une proportion qui monte à un sur deux au sein des sympathisants du FN. Selon Yves-Marie Cann, de l'institut Elabe, ce rejet s'explique simplement:

"Il y a une permanence dans les esprits de la croyance que l'union fait la force. Or sur ce point, l'union passe par l'Union Européenne, et donc par l'euro". 

Des chiffres qui n'alarment pas Florian Philippot. "Je ne crois pas du tout que ça rebute. Je crois qu'au contraire ça attire, parce que les gens se disent 'Ah ben ceux-là, au moins, ils ne sont pas dans le catalogue de mesurettes rabâchées depuis 30 ans'", a estimé sur RTL le numéro 2 du parti. Au FN, les débats ne font que commencer.

S.A. avec Neila Latrous