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Front national: Jean-Marie Le Pen attend "un geste" de la direction

Dans l'attente de la décision du bureau exécutif du Front national sur son éventuelle exclusion, Jean-Marie Le Pen a joué ce jeudi soir la carte de l'apaisement, demandant même à sa fille Marine Le Pen "une invitation" à venir travailler à ses côtés.

La décision du bureau exécutif se fait attendre. Mais Jean-Marie Le Pen, lui, multiplie les déclarations. Après avoir passé près de trois heures auditionné devant le bureau exécutif du Front national, le fondateur et actuel président d'honneur du parti d'extrême-droite est revenu, ce jeudi soir en exclusivité pour BFMTV, sur cet épisode qui pourrait, à terme, se solder par son exclusion.

L'occasion pour le "Menhir" de jouer la carte de l'apaisement, en appelant directement un geste de sa fille Marine Le Pen.

Tout comme il l'avait pointé du doigt en début de journée avant son audition, le fondateur du FN a de nouveau remis en cause la légitimité du bureau exécutif, sort de "tribunal" du parti, devant lequel il s'est présenté ce jour. "C'était assez pittoresque, ce bureau exécutif étant privé de ses deux personnalités les plus importantes du parti, sa présidente Marine Le Pen et son vice-président Philippot", a-t-il tout d'abord commenté sur notre antenne. 

"Ce que j'ai voulu dire aujourd'hui aux membres présents du bureau exécutif ce jour, c'est que je ne les vois pas comme des juges, mais comme des camarades de combat", a-t-il ensuite précisé.

Il attend "une invitation" de sa fille Marine

Aurait-il donc souhaité échanger avec l'actuelle présidente du Front national, sa fille Marine Le Pen, et Florian Philippot? "J'attends de la direction du parti qu'elle fasse un geste", a répondu celui qui avait atteint le second tour de l'élection présidentielle en 2002.

"Une invitation de Marine Le Pen à venir participer aux travaux du bureau exécutif serait la bienvenue", a-t-il ensuite proposé. 

Une crise de croissance?

Pour le président d'honneur du FN, la crise qui touche son parti depuis maintenant près de 5 mois serait la conséquence d'une "crise de croissance":

"Le Front national est devenu un grand parti, il a du mal à gérer qu'il puisse y avoir des différences d'opinions en son sein", a-t-il encore dit sur BFMTV, avant de souhaiter que son parti "rétablisse au plus tôt son unité d'action".

Mais si son exclusion venait à être réellement décidée? "Ce serait un coup mortel porté au Front national", a prévenu Jean-Marie Le Pen. "Ceux qui ont une ambition légitime aux élections prochaines auraient de quoi se mordre les doigts, car il faut présenter un front uni face aux difficultés du pays", a-t-il ajouté.

De son aveu, toutefois, "le temps n'est pas encore venu" pour dire qu'il serait prêt à présenter une candidature dissidente à celle portée par sa petite-fille Marion-Maréchal Le Pen dans la course à la région Provence-Alpes Côte d'Azur (Paca) en cette fin d'année.

Jé. M.