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François Hollande et sa garde rapprochée défendent le prélèvement à la source

Michel Sapin, Emmanuel Macron et Stéphane Le Foll, en 2015 à Bercy.

Michel Sapin, Emmanuel Macron et Stéphane Le Foll, en 2015 à Bercy. - MIGUEL MEDINA / AFP

François Hollande et ses anciens ministres soutiennent le prélèvement de l'impôt à la source, et ne manquent pas de souligner les hésitations d'Emmanuel Macron sur une réforme décidée lorsqu'il était ministre de l'Economie.

Chacun a ajouté son grain de sel sur les plaies du gouvernement. Alors que l'exécutif peine sur le dossier délicat du prélèvement à la source, les membres de la garde rapprochée de François Hollande, et l'ancien président lui-même, ont pris soin de défendre cette mesure et de souligner, tour à tour, les atermoiements d'Emmanuel Macron.

Interrogé par BFMTV samedi, François Hollande a clairement soutenu ce dispositif, donnant le "la" à ses anciens ministres restés acquis à sa cause:

"Le prélèvement à la source, c’est une modernisation de notre système fiscal. C’était souhaité par beaucoup de Français qui souffrent d’avoir un décalage entre le moment où ils perçoivent un revenu et le moment où on leur prend l’impôt."

Coût électoral

Jeudi soir sur Franceinfo, le prédécesseur d'Emmanuel Macron à Bercy, Michel Sapin, a mis le doigt sur les hésitations du président de la République, estimant que ce dernier avait "peur de la réforme".

"Je ne veux pas être désagréable avec le président de la République, mais il raconte des histoires. Il connaît parfaitement toutes les réponses aux questions posées", a-t-il commenté, tandis que le chef de l'Etat réclamait "aux ministres compétents de répondre à toutes les questions qui se posent encore".

"Emmanuel Macron était ministre de l'Économie lorsque nous avons décidé de lancer le prélèvement à la source. Donc on ne peut pas dire qu'il découvre le sujet!", a renchéri dans Libération l'ancien secrétaire d'État au Budget Christian Eckert, qui voit "une affaire politique" dans ces hésitations.

"La majorité craint de payer dans les urnes aux prochaines européennes des fiches de paie et des bulletins de pensions avec des montants en baisse", juge ce fidèle hollandais. 

"Travail remarquable"

Alors qu'une note de la Direction générale des finances publiques fait état de tests "calamiteux" pour l'application de la mesure, l'ancien ministre Stéphane Le Foll refuse sur notre antenne d'accabler l'administration fiscale, et pointe du doigt le gouvernement. "Sur l’engagement qui avait été pris, si politiquement c’est décidé, techniquement ça doit pouvoir se faire, mais on ne peut pas dire, après avoir eu des doutes politiques, qu’on a un problème technique."

Même son de cloche pour l'ex président de la République. Sur BFMTV, François Hollande s'oppose nettement à Emmanuel Macron.

"Cette réforme, elle a été lancée, je crois qu’elle avait été préparée, l’administration a fait un travail remarquable", affirme l'ancien président. "Cette réforme avait déjà été reportée d’un an, c’était sans doute pour prendre des garanties. Aujourd’hui, si elle était abandonnée, ce ne serait pas pour des raisons techniques, mais pour des choix politiques, et de ce point de vue-là, je ne les partage pas."

Dans le bras de fer politique qui se dessine, François Hollande et ses fidèles se trouvent ainsi en position d'alliés objectifs du ministre de l'Action et des comptes publics Gérald Darmanin, ce dernier jouant sa crédibilité sur cette réforme, tandis que les survivants de "l'ancien monde" socialiste trouvent ici une nouvelle occasion d'être un caillou dans la chaussure d'Emmanuel Macron. 
Louis Nadau