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Prélèvement à la source: "le dispositif fonctionne", assure Gérald Darmanin

Gérald Darmanin

Gérald Darmanin - BERTRAND GUAY / AFP

Malgré une note de l'administration fiscale décrivant un "bilan calamiteux" pour la phase de test du prélèvement à la source, Gérald Darmanin assure que "le dispositif technique fonctionne", renvoyant la tête de l'exécutif à ses hésitations politiques.

Le cafouillage sur le prélèvement à la source serait-il en train de tourner au bras de fer politique entre l'administration fiscale, son ministre et la tête de l'exécutif? Alors qu'il évoquait pour la première fois samedi la possibilité d'un "arrêt" du prélèvement à la source, le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin a assuré par ailleurs, dans la foulée de la révélation par Le Parisien d'une note administrative faisant état d'un "bilan calamiteux" après la phase de test de la mesure, que tout était prêt pour lancer sa pleine application. L'ancien membre des Républicains l'assure sur Twitter: tout va bien. 

"La phase de tests du prélèvement à la source a permis d’identifier des erreurs et de les corriger (c’est son rôle!). Les erreurs identifiées concernent moins de 1% des contribuables, elles ont été depuis résolues. Le dispositif technique fonctionne, il est prêt !", écrit le ministre.

Ce dimanche, la Direction générale des finances publiques enfoncent le clou, en affirmant que le système du prélèvement "est prêt pour janvier 2019". 

"La DGFiP organise régulièrement des réunions de travail et de suivi sur la préparation de ce chantier important afin d'anticiper tous les scénarios possibles et d'éliminer tout risque d'erreur systémique", affirment les services du ministère.

"Roulette russe"

Mardi, Gérald Darmanin rencontrera toutefois le président de la République et le Premier ministre pour "choisir ensemble politiquement l'avancée ou l'arrêt (...) de la réforme". Sur ce dossier, l'exécutif s'est montré fébrile.

"Je suis plutôt pour la faire, mais je veux voir en détail ce que ça veut dire pour chaque citoyen (...). J'ai besoin d'une série de réponses très précises et d'être sûr de ce que nos concitoyens vivront le jour où on le mettra en place si on le met en place", déclarait ainsi Emmanuel Macron lors de son voyage en Finlande. 

"Est ce que techniquement on est prêt ? Oui on est prêt. Est ce que psychologiquement les Français sont prêts ? C'est une question à laquelle collectivement nous devons répondre", rétorque l'ancien maire de Tourcoing.

La fiabilité du dispositif est nettement remise en cause par la note de Bercy:

"Depuis un an, d’un mois sur l’autre, les tests sont tantôt parfaits, tantôt désastreux. Lancer le prélèvement à la source dans ces conditions, c’est jouer à la roulette russe. Peut-être qu’en janvier, tout ira bien, mais qu’en février ce sera la panique", estime un haut fonctionnaire cité par Le Parisien.

Alors qu'il doit déjà lutter sur plusieurs fronts, Emmanuel Macron peut difficilement s'offrir le luxe d'une nouvelle crise politique. Le dilemme est pourtant loin d'être tranché, puisque reculer sur ce dossier pourrait apparaître comme un véritable aveu de faiblesse. 

Louis Nadau