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François Hollande chahuté à son arrivée à La Courneuve

En visite à la Courneuve, François Hollande a été vivement chahuté par le public. Il a toutefois rappelé ses engagements pour les banlieues françaises.

La date est symbolique, dix ans presque jour pour jour après les émeutes de 2005. François Hollande s'est rendu mardi après-midi à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, pour le lancement de l'Agence nationale de développement économique annoncée en février.

Le président de la République, accompagné des ministres Myriam El Khomri, Emmanuel Macron, Patrick Kanner et de la secrétaire d'Etat chargée de l'Economie sociale et solidaire, Martine Pinville, a reçu un accueil chahuté de la part du public.

Applaudissements et sifflets dans la foule

La visite de François Hollande à La Courneuve a été ponctuée par un bain de foule plus que mitigé en milieu d'après-midi. D'un côté des personnes lui ont lancé "On est avec vous. Lâchez rien !" et de l'autre, il a été copieusement hué. Des "Casse-toi Hollande!" ont même pu être entendus.

Des chahuts que le Président de la République a tenu a relativiser: "J'ai entendu beaucoup d'applaudissements et quelques personnes qui venaient exprimer leur déception. Il y a toujours des déceptions, ce qu'il faut c'est combattre ces déceptions et les convaincre" a affirmé François Hollande.

Interrogé par BFMTV, le chef de l'Etat a précisé le sens de sa venue en indiquant qu'il était venu "montrer que les quartiers ont du talent, de la créativité, que des emplois peuvent être créés et que l'Etat doit être là".

Il a rappelé qu'il venait dix après les émeutes liées au drame de Clichy. "On doit mettre de l'apaisement, de la cohérence et de la solidarité", a ajouté le président de la République, alors que ses propos étaient accompagnés par des applaudissements mais aussi des huées, comme a pu le constater notre reporter Adrien Gindre sur place.

Retrouver le soutien des banlieues

L'Agence de développement économique vise à favoriser la création d'entreprises, aider les très petites entreprises quel que soit leur lieu d'implantation, et à promouvoir l'innovation. François Hollande devait à ce propos visiter une entreprise pionnière en la matière, l'entreprise Paprec spécialisée dans le recyclage des déchets industriels, et rencontrer des salariés originaires de la Courneuve.

Après les attentats à Paris, qui ont focalisé l'attention sur des banlieues, le Premier ministre Manuel Valls avait qualifié les banlieues de territoires où s'exerce un "apartheid social".

Cette visite présidentielle s'inscrit moins de deux mois avant un scrutin régional à haut risque pour la gauche et dix ans après les révoltes sociales dans les banlieues en 2005, déclenchées par la mort de deux adolescents dans un transformateur électrique à Clichy-sous-Bois, après une course-poursuite avec des policiers.

Depuis le début de son mandat, François Hollande s'est rendu plusieurs fois dans les banlieues, qui avaient voté majoritairement pour lui en 2012 face au candidat de droite Nicolas Sarkozy.

Paul Aveline