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François Fillon promet une loi pour la Ville en 2011

François Fillon (à droite) en compagnie du ministre du Travail Eric Woerth et de la secrétaire d'Etat à à la politique de la Ville Fadela Amara mardi à Matignon. En installant le nouveau Conseil national des villes (CNV), un organe de propositions, le Pre

François Fillon (à droite) en compagnie du ministre du Travail Eric Woerth et de la secrétaire d'Etat à à la politique de la Ville Fadela Amara mardi à Matignon. En installant le nouveau Conseil national des villes (CNV), un organe de propositions, le Pre - -

PARIS - En dépit de l'appel d'élus des banlieues réclamant des mesures "urgentes", le Premier ministre François Fillon a choisi mardi d'attendre...

PARIS (Reuters) - En dépit de l'appel d'élus des banlieues réclamant des mesures "urgentes", le Premier ministre François Fillon a choisi mardi d'attendre l'année prochaine pour réformer deux dispositifs clés de la politique de la Ville.

Il a précisé qu'un projet de loi viserait en 2011 à réformer la géographie des zones sensibles et le rééquilibrage des aides entre quartiers pauvres et moins pauvres.

"Ne mettons pas la charrue avant les boeufs", a dit François Fillon en installant le nouveau Conseil national des villes (CNV), un organe de propositions.

Des élus de l'opposition, membres du CNV, n'ont pas caché leur déception ou leur colère devant l'attentisme, selon eux, du Premier ministre à un moment où les quartiers difficiles sont à nouveau confrontés à des tensions.

"Ça fait des années qu'on dit qu'on court à la catastrophe. La réponse du Premier ministre, c'est: 'On va continuer à réfléchir'", a dit François Pupponi, maire PS de Sarcelles (Val-d'Oise), en sortant de la réunion.

"On va repousser d'une année supplémentaire. Oui, on est en colère aujourd'hui et la population des quartiers aussi", a renchéri Claude Dilain, maire PS de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Ce dernier avait récemment dit, dans une tribune publiée par Le Monde, sa honte d'être dans ces quartiers "le représentant impuissant de la République française".

FEUILLE DE ROUTE

Dénonçant l'absence de dialogue avec François Fillon devant le CNV, François Pupponi a indiqué qu'il comptait en appeler au président Nicolas Sarkozy.

En revanche, Xavier Lemoine, président UMP du CNV et maire de Montfermeil, s'est félicité que le Premier ministre ait reconduit la plupart des aides actuelles en dépit du gel des dépenses publiques décrété depuis la crise de l'euro.

"On a la reconduction de la DSU (Dotation de solidarité urbaine) qui est abondée de 70 millions d'euros supplémentaires. Et donc, c'est une manière de commencer à faire la péréquation tranquillement", a-t-il dit aux journalistes.

Pour Xavier Lemoine, ce n'est pas "à coups de milliards" que l'on règlera le problème des quartiers difficiles et le CNV a maintenant "une feuille de route et un calendrier."

Sur fond de nouvelles violences en Seine-Saint-Denis, 44 élus de gauche comme de droite ont signé le week-end dernier une "Lettre à ceux qui ignorent les banlieues" appelant le gouvernement "à se mobiliser concrètement".

Le plan "Espoir Banlieues" piloté par la secrétaire d'Etat à la politique de la Ville, Fadela Amara, est vivement critiqué.

Mais "ce n'est pas le problème de Fadela Amara, c'est le problème du Premier ministre", a estimé Claude Dilain.

L'élu réclame le "rattachement" de la secrétaire d'Etat à François Fillon "pour mobiliser tous les ministères, dans une action concertée".

Parallèlement, l'opposition de gauche reproche à Nicolas Sarkozy de se cantonner aux questions de sécurité - sans grand succès à ses yeux - pour ne pas avoir à aborder les questions de fond de la "ghettoïsation" des banlieues.

Fadela Amara a repris mardi le leitmotiv du chef de l'Etat, répétant qu'il fallait "nettoyer au kärcher" l'insécurité.

Dans une interview au quotidien Le Télégramme, elle estime que la politique du ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a "porté ses fruits".

La priorité est que les habitants des cités puissent "se projeter dans l'avenir sans avoir la trouille au ventre quand ils rentrent chez eux", dit-elle.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse