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François de Rugy se dit "libéré" et s'en prend de nouveau à Mediapart

Face à Apolline de Malherbe ce lundi soir sur BFMTV, l'ancien ministre de la Transition écologique dit comprendre que l'image de lui en train de manger du homard "ait pu choquer". Il regrette cependant qu'"une image ait détruit ses efforts" pour essayer de transformer l'Assemblée nationale".

L'ancien ministre de la Transition écologique, invité de BFMTV ce lundi soir, s'est défendu sur les séries de révélations qui l'ont poussé à la démission du gouvernement le 16 juillet dernier: en l'occurrence ses dépenses excessives en tant que président de l'Hémicycle. Face à Apolline de Malherbe, François de Rugy a dit regretter qu'"une image ait détruit tous ses efforts" pour essayer de "transformer l'Assemblée nationale".

"Je suis en quelque sorte libéré du poids (...) de l'infamie qu'on a voulu mettre sur mon dos", a tout d'abord déclaré le ministre démissionnaire sur notre plateau, s'en prenant de nouveau au site d'investigation Mediapart à l'origine de la plupart des révélations sur les dîners fastueux, les travaux ou encore le logement de fonction de François de Rugy

L'ancien ministre a ensuite souligné les conclusions des deux rapports d'enquête réalisés par l'Assemblée, qui selon lui, démontrent que "les dîners en question étaient bien des dîners professionnels" et que "les travaux réalisés étaient justifiés".

Les dîners "font partie de la fonction"

Notre invité a martelé qu'il a été victime d'"un acharnement médiatique". "Des articles de presse, la télé, la radio ont repris (les informations de Mediapart, NDLR) des milliers de fois alors que tout cela n'était pas fondé sur les faits. Et aujourd'hui je sens que le soufflet retombe, et ce sont simplement les faits qui l'ont fait retomber", a-t-il assuré. Ce dernier a également reproché au magazine Paris Match et au site d'investigation Mediapart de l'avoir "jeté en pâture", et d'avoir complètement quitté "le domaine du rationnel pour basculer dans le passionnel et l'émotionnel".

Le ministre démissionnaire s'est ensuite défendu sur le fond des accusations, estimant que "rencontrer des gens divers et variés pendant des dîners ou des déjeuners fait partie de la fonction de président de l'Hôtel de Lassay, car cela permet d'échanger, de se nourrir, et de monter des projets qui débouchent parfois sur des choses concrètes à l'Assemblée nationale". Quant aux mets qui se trouvaient sur la table lors de ces dîners, François de Rugy a assuré que "rien n'est codifié". Ce qu'il regrette.

"(Quand vous faites un dîner), on ne vous demande jamais si vous voulez du homard, du vin. Moi je n'ai jamais demandé... Ce sont les services de la restauration qui choisissent. Et c'est un regret que j'ai de ne pas avoir codifié les choses, car cela m'aurait évité bien des critiques. C'est une tradition française d'avoir des chefs cuisiniers, celui de l'Assemblée nationale est en poste depuis 20 ans et ce n'est pas moi qui l'ai recruté. Ce sont des gens qui restent au fil des mandats.

Interrogé pour savoir s'il regrettait ses actes, ce dernier a répondu "comprendre qu'on puisse se dire qu'il y a eu telle ou telle erreur, des manques de vigilance à tel moment et des changements dans des pratiques". "On a toujours des regrets dans la vie, on peut se dire c'est vrai, 'à tel ou tel moment, on aurait pu faire un peu autrement'. Il y a des images qui ont choqué. Et c'est normal d'ailleurs. Mais elles ont été diffusées pour choquer, pour créer cette réaction", a déploré l'élu.

Certains ont voulu "se venger"

Face à Apolline de Malherbe, François de Rugy s'est targué d'avoir "engagé des transformations profondes" lorsqu'il était président de l'Assemblée nationale, bien qu'il a reconnu ne pas avoir "transformé (l'institution) plus vite".

"Ça a d'ailleurs déplu à beaucoup de gens d'ailleurs, beaucoup m'en ont voulu et ont profité de cette séquence, se sont engouffré dans la brèche médiatique qui avait été ouverte par Mediapart pour se venger", a affirmé l'ancien n°2 du gouvernement, qui devrait redevenir député au mois d'août. 

"Vous savez à certains moments, je me suis retrouvé avec tous les groupes d'opposition contre moi", a affirmé l'ancien ministre sur notre antenne. "Beaucoup résistaient aux changements que j'avais enclenché, pour qu'il y ait plus de transparence mais aussi une meilleure gestion de l'Assemblée. Mais tout ça, ça reste, et les chiffres sont là. Les frais de réception (du cabinet du président de l'Assemblée nationale), je les ai baissés de 13%. Les frais de déplacement, de 35%. Et parfois, une image, une photo peut détruire tous ces efforts", a-t-il déploré en conclusion.

Jeanne Bulant