BFMTV

FN: Jean-Marie Le Pen renonce à se présenter aux régionales en Paca

Jean-Marie Le Pen, le 25 janvier dernier, à Paris.

Jean-Marie Le Pen, le 25 janvier dernier, à Paris. - Alain Jocard - AFP

Jean-Marie Le Pen a finalement décidé de jeter l'éponge après la crise sans précédent traversée par le parti la semaine dernière. S'il souhaite que sa petite-fille conduise la liste en Paca, il voudrait que Bruno Gollnisch dirige la région.

Comme il l'avait laissé entendre, Jean-Marie Le Pen a fait un pas lundi pour calmer le jeu dans la crise qui l'oppose à sa fille. Le fondateur du Front national a annoncé au Figaro Magazine qu'il ne serait finalement pas candidat aux régionales en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, en décembre prochain, devançant le bureau politique qui aurait pu empêcher sa candidature. 

Et bien qu'il estime être "le meilleur candidat pour le Front national", selon ses propos, il s'est prononcé en faveur de sa petite-fille Marion Maréchal-Le Pen pour conduire la liste. C'est "une candidate très performante", estime-t-il, "la plus populaire et la plus connue". 

Mais sa position est ambiguë, il a expliqué sur BFMTV souhaiter voir Bruno Gollnisch diriger ensuite la région. Il est "peut-être le plus qualifié".

Philippot salue "une décision sage" 

"Cette décision est sage", a réagi lundi sur BFMTV Florian Philippot. Le vice-président du parti, avec lequel le président d'honneur du FN a de nombreux différents, a salué une annonce "bienvenue", "parfaitement conforme à volonté de Marine Le Pen".

Il a néanmoins insisté sur le fait que cela ne changeait au calendrier et que le bureau exécutif du FN allait le convoquer prochainement en procédure disciplinaire au sujet des propos polémiques de l'octogénaire sur BFMTV et RMC, et dans l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol

"Je ne vois pas qui pourrait sanctionner le président d'honneur du FN !", a expliqué Jean-Marie Le Pen à Europe 1.

Parlant d'une "crise sans précédent", la présidente du parti, Marine Le Pen, avait décidé de s'opposer à la candidature de son père la semaine dernière, à la suite de ces déclarations litigieuses.

"Ceci ne justifiait pas le hourvari qu’on a déclenché dans nos rangs au risque d’affaiblir dangereusement notre mouvement", a commenté Jean-Marie Le Pen dans le communiqué annonçant son retrait et dans lequel il martèle: "Je n'ai pas changé!".

Gollnisch candidat

Rapidement après le retrait de Jean-Marie Le Pen, l'eurodéputé FN Bruno Gollnisch a annoncé dans un communiqué se lancer dans la course à l'investiture FN pour les régionales de Paca en décembre.

L'ancien dauphin de Jean-Marie Le Pen précise qu'"il va de soi que cette candidature n'implique aucun jugement défavorable à l'égard de tout autre candidat potentiel". 

Maréchal-Le Pen candidate aussi

Marion Maréchal-Le Pen serait elle aussi candidate selon Le Point

La région Paca est l'un des terrains les plus favorables au Front national, qui y a recueilli plus de 33% des voix lors des élections européennes de 2014. 

La direction du parti fera son choix vendredi 17 avril lors d'un bureau politique consacré aux investitures pour les élections régionales.

Dans son communiqué, Jean-Marie Le Pen a remercié "chaleureusement' ceux qui lui ont apporté "leur soutien dans cette épreuve" et tout particulièrement son "ami" Bruno Gollnisch à qui il demande néanmoins de soutenir la candidature de sa petite-fille.

Un "hourvari" sur lequel n'ont pas manqué d'ironiser les adversaires du FN: "Le grand-père ne peut plus y aller. Alors la petite-fille ira. Pour la tante on sait pas encore. C'est plus de la politique, c'est Dallas" a ironisé sur Twitter le député-maire UMP de Tourcoing Gérald Darmanin, faisant référence au silence actuel de Marine Le Pen sur sa propre candidature dans la grande région Nord-Pas de Calais-Picardie.

"C'était facile à prévoir cette mise en scène familiale!", a aussi raillé le patron des députés socialistes Bruno Le Roux.

K. L.