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Fillon, un mandat «pour sauver la France» en 2017, sinon rien

Les Coulisses de la Politique, c'est tous les matins à 7h25 avec Véronique Jacquier.

Les Coulisses de la Politique, c'est tous les matins à 7h25 avec Véronique Jacquier. - -

Plongée dans les coulisses de la politique de François Fillon. Véronique Jacquier a rencontré lundi l'ancien premier ministre et a des infos sur son avenir politique...

Deux infos. François Fillon m'a donné l'affiche pour la bataille de 2017. Son adversaire, m'a-t-il dit, « c'est Nicolas Sarkozy ». Exit Jean-François Copé, et aussi Alain Juppé. « Ce n'est pas un sujet, Juppé ». Sous-entendu, trop de velléité pour se lancer dans la course. Alors attention, François Fillon estime que l'ancien président est son adversaire parce qu'il meure d'envie de revenir, mais il pense que l'histoire ne repasse pas les plats, et que Nicolas Sarkozy n'arrivera pas à accrocher le cœur des Français. Il a eu cette phrase terrible: « On ne peut pas être et avoir été ». C'est la revanche du « collaborateur ».

Comment s'y prend-il pour faire gagner la droite en 2017 ?

C'est la 2e info: s'il n'est pas élu en 2017, fini la politique ! Il revendique une posture sacrificielle: « un quinquennat pour sauver la France » ou rien. « Je ne veux pas faire de politicaille et être comme certains vieux qui s'accrochent », m'a dit l'ancien Premier ministre. Alors il lance une candidature originale, il se met au-dessus des clivages gauche-droite. Il veut rassembler les Français de tous bords pour sauver une France « qui se casse la gueule ». Ceux sont les mots de François Fillon.

N'est-ce pas mégalo ? Il peut arriver à quelque chose avec un parti verrouillé par Jean-François Copé...

François Fillon pense qu'il aura l'UMP à sa botte s'il remporte la primaire en 2016. Pas une seconde il n'envisage que Nicolas Sarkozy puisse s'imposer avec ou sans primaire, et pas une seconde il ne se dit: et si l'UMP est noyauté par les sarkozystes, y compris l'organisation de la primaire, je fais comment ? Il ne tire pas les leçons du fiasco de la présidence de l'UMP en novembre 2012. De toute façon, François Fillon fait un constat: « les partis, dit-il, sont devenus des usines à fabriquer des gens médiocres », d'où son envie de s'adresser directement aux Français, y compris à ceux du Front National avec sa phrase qui a déchainé les passions...

Comment les fillonnistes réagissent-ils ?

Certains sont dubitatifs et pensent que Fillon ne va pas aller bien loin. « Sa candidature de rassemblement est utopique », m'a dit un député. Un autre filloniste m'a confié: « Fillon va perdre. C'est un homme d'Etat, mais ce n'est pas un homme politique ! Il répugne à aller au combat, il attend que les Français viennent à lui sur de grandes idées, il est à côté de la plaque ». Il y a une chose qui m'a frappé chez François Fillon, ce sont ses mains. Avec ses ongles extrêmement soignés, pas le genre de main à aller se salir dans le cambouis de la politique...

Véronique Jacquier