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Fillon reporte sa visite au Salon de l'agriculture

Le candidat à la présidentielle est pris dans une campagne difficile sur le terrain. Ce déplacement était particulièrement risqué politiquement et donc attendu. Depuis son QG de campagne, il a annoncé qu'il était convoqué le 15 mars pour être mis en examen, mais qu'il maintenait malgré tout sa candidature.

C'est un coup de théâtre, dans le rituel rôdé du Salon de l'agriculture. François Fillon, qui devait s'y rendre ce mercredi dès 8 heures, a annoncé dans un communiqué laconique qu'il reportait sa visite. D'après nos informations, cette annulation de dernière minute, survenue un quart d'heure après son arrivée prévue, est une surprise pour l'entourage du candidat. Son responsable de la communication a découvert le communiqué une fois qu'il a été envoyé. Déjà sur place au Salon, ses équipes n'ont pas su comment répondre aux journalistes pour expliquer ce changement.

Le candidat a expliqué depuis son QG de campagne la raison de cette annulation: il est convoqué le 15 mars pour être mis en examen, mais maintient sa candidature. Il a dans la foulée annoncé qu'il se rendrait au Salon ce même jour, mais à 15 heures. 

Ses soutiens dans l'embarras

Le député de Charente-Maritime Dominique Bussereau, proche du candidat croisé sur place, n'avait pas plus d'informations. Devant les caméras de BFMTV, dans l'embarras, il a évoqué un possible "aléa d'emploi du temps". Comme le rapportent nos confrères de LCI, l'élu a ensuite fait le tour des stands du Salon pour "s'excuser" auprès des représentants des différentes filières. Pour cette visite, François Fillon avait convié une soixantaine d'élus pour l'entourer. Eux aussi ont été avertis de son absence au dernier moment. 

Interrogé sur LCI, le vice-président du parti LR Laurent Wauquiez a indiqué ne pas être au courant de ce report, de même que le député de l'Oise Eric Woerth, sur Public Sénat et Sud Radio. 

"J'espère que ce n'est pas pour une raison de sécurité". "Je ne sais pas". "Je ne vais pas me livrer à des spéculations", a pour sa part commenté sur France Inter le député Jérôme Chartier, proche soutien François Fillon, avant de parler de "situation quasi insurrectionnelle".

Croisé dans les couloirs du Salon, un autre proche du candidat, Bruno Retailleau, a eu du mal à cacher sa gêne face aux journalistes. 

Concerts de casseroles

Vu le contexte dans lequel s'inscrit la campagne de François Fillon, ce report n'est pas anodin et prend même des allures de signal troublant. L'équipe du candidat expliquait mardi que chaque déplacement était désormais compliqué, et qu'ils étaient par exemple forcés de repérer les issues de secours à l'avance, au cas où les choses tourneraient mal. Sur le terrain ces dernières semaines, François Fillon a plusieurs fois été accueilli par des concerts de casseroles et des concours de pancartes, comme à Tourcoing le 17 février. 

"Ce qui est évident, c'est que Monsieur Fillon ne peut plus faire campagne", a réagi Henri Guaino, ancien proche de Nicolas Sarkozy invité de RMC et BFMTV peu de temps après l'annonce de cette annulation. 

Au Salon de l'agriculture, tout avait été prévu pour que la visite du candidat se passe le mieux possible. Elle ne devait durer qu'une demi-journée et devait commencer une heure avant l'arrivée du public. 

Charlie Vandekerkhove avec Jérémy Brossard