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Fillon coupe le cordon avec Sarkozy

François Fillon veut casser son image d'homme lisse et froid.

François Fillon veut casser son image d'homme lisse et froid. - -

Jeudi au Japon, François Fillon a dit : « quoi qu’il arrive je serai candidat » à la présidentielle de 2017. Le « quoi qu’il arrive » a tout de suite semé le trouble : est-ce que ça veut dire qu’il s’assoit sur les primaires ? Tout le monde s’est posé la question.

Finalement François Fillon a précisé sa pensée une heure plus tard en disant qu’il faisait référence aux primaires de 2016. Ces propos n’ont pas été prononcés par hasard. Pourquoi François Fillon se réveille-t-il comme ça un 9 mai au Japon ? Parce qu’il en a marre de passer pour un mec froid, lisse et indécis, disait hier jeudi un de ces proches. Ce qu’il a fait au Japon, c’est une sorte de « coming out », un cri du cœur pour dire sa détermination à être candidat. « Il n’avait pas calculé son coup », explique un conseiller, « c’est sorti comme ça. Il veut montrer sa détermination à aller au bout de son engagement. Il a mille cotés chiants mais il est sincère ».

C’est aussi un message qu’il adresse à Nicolas Sarkozy : il veut dire qu’il a coupé le cordon.

C’est clair. D’après son entourage, François Fillon a fait des bonds il y a trois jours lorsqu’il a lu dans la presse que Nicolas Sarkozy l’appelait entre autre « le looser » et qu’il disait « je vais peut-être être obligé de revenir ».
Donc il répond à sa manière depuis le Japon en disant : 1. Je serai candidat quoi qu’il arrive (comprenez : même si Sarko revient) 2. Il tacle Nicolas Sarkozy qui donnait une conférence à Las Vegas en disant : « C’est bien que l’ancien président fasse profiter le monde entier de ses connaissances. Moi je m’occupe des Français ».

C’est la guerre entre Fillon et Sarkozy mais les deux hommes continuent de se parler…

Oui, ils s’appellent régulièrement, la dernière fois il y a 15 jours. François est persuadé que Nicolas ne reviendra pas, me disait un de ses proches. Il fait ce pari, il est sûr que Sarko optera pour une carrière internationale. Fillon et Sarkozy, c’est une relation très ambiguë faite de crainte mutuelle et de respect. Le fond du problème est que Nicolas Sarkozy ne pensait pas que François prendrait son envol.

François Fillon multiplie les contacts pour se construire une image de présidentiable.

Et pour cela il n’hésite pas à aller aux Etats-Unis. A la mi-avril, il a rencontré à Washington Jim Messina, l’ancien directeur de campagne de Barak Obama qui lui a donné quelques conseils avisés pour gagner une élection quand on n’a pas la main sur le parti. Véridique. François Fillon a également dîné avec Vladimir Poutine dans sa datcha près de Moscou fin mars, il sera à Rome la semaine prochaine puis à Dresde et à Doha au Qatar. Parallèlement, il travaille son projet : il voit régulièrement l’économiste Nicolas Baverez. Son mouvement Force républicaine est en train de se structurer : il ouvrira des antennes dans chaque département fin juin et mettra en place des groupes de travail (une dizaine fin juin).

Et les sarkozistes, que disent-ils de tout ça ?

Chez les amis de Nicolas Sarkozy, les mots sont assez crus : Fillon n’a aucune chance, disait jeudi Patrick Balkany. Un autre sarkoziste disait : Il veut faire parler de lui parce qu’il a déjà renoncé à la mairie de paris et à l’UMP et que c’est un looser. De toute façon, 2017 c’est encore très loin.

Ecoutez ici les Coulisses de la Politique, par Stéphanie Collié, ce vendredi 10 mai.

Stéphanie Collié