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Fillon, Copé… Et Borloo, le nouveau visage de la droite

Les Coulisses de la politique avec Véronique Jacquier, sur RMC du lundi au vendredi à 7h20

Les Coulisses de la politique avec Véronique Jacquier, sur RMC du lundi au vendredi à 7h20 - -

Jean-François Copé est installé dans le fauteuil du président de l'UMP. Mais François Fillon a dit à ses soutiens mardi soir qu'il n'allait rien lâcher.

Je vous emmène dans les coulisses de la réunion qui s'est tenue mardi matin dans un bureau au sous-sol de l'Assemblée nationale. Une quarantaine de députés et de sénateurs présents autour de François Fillon, l'ambiance était électrique. Plusieurs parlementaires ont confié : « pas question de suivre Jean François Copé et sa bande ». Lionel Tardy, le député de Haute-Savoie, a dit que si le mouvement filloniste ne s'organisait pas dans les dix jours, il quittait l'UMP. D'autres - et c'est une info RMC - ont envisagé très sérieusement de créer un groupe séparé de l'UMP à l'Assemblée Nationale. François Fillon n'a pas exclu cette idée, mais il a calmé ses troupes : il a pris l'engagement d'organiser un mouvement au sein de l'UMP.

A l'UMP, on est donc en pleine cohabitation ?

C'est vrai, et Jean-François Copé ne veut pas de ça, il est en train d'essayer de récupérer les électrons libres comme Xavier Bertrand ou Nathalie Kosusko Morizet. Jean François Copé veut absolument se faire passer pour un rassembleur, il a dit le soir de la victoire qu'il ouvrait ses grands bras : mais c'est pour mieux étouffer les fillonistes. Jean-François Copé a proposé à François Fillon d’être vice-président du parti : c'est une faute politique. Il a montré son vrai visage. Vous imaginez François Fillon devenir l'homme à tout faire de Jean-François Copé ? Copé doit réunir la famille UMP, sinon beaucoup s'en iront. Le centriste Pierre Mehaignerie, l'un des pères de l'UMP, a déjà quitté le navire pour rejoindre Jean Louis Borloo à l'UDI.

Le grand gagnant de l'élection à l'UMP ne serait-il d’ailleurs par Jean-Louis Borloo ?

C'est possible. Mardi, il est passé à l'offensive. Dans le Journal Le Monde, le président de l'UDI annonce que « l'opposition a désormais deux leaders », Jean François Copé et lui, deux lignes claires, l'une très à droite, l'autre centro-libéral. Ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Le RPR et L'UDF ! Jean-François Copé a d'ailleurs prévenu hier soir qu'il ne laisserait pas se recréer l'UDF.

Il y a-t-il une bataille sur laquelle les deux camps peuvent se retrouver ?

Paradoxalement oui, la bataille de Paris en 2014. François Fillon n'avait pas très envie de conquérir la capitale et hier, il a confié à ses proches qu'il avait toujours en ligne de mire la présidentielle de 2017. Il devrait donc définitivement jeter l'éponge pour les municipales à Paris et laisser la voie libre à Jean Louis Borloo. En coulisses, ce scenario ne déplaît pas à Jean-François Copé car il affaiblit un peu plus François Fillon. Mais attention, l'ancien Premier ministre a eu Nicolas Sarkozy au téléphone et ce dernier lui a dit de se mettre en retrait, de ne pas abimer son image. Le match Copé-Fillon est loin d'être terminé.

Pour écouter les Coulisses de la Politique de Véronique Jacquier du mercredi 21 novembre cliquez-ici

Véronique Jacquier