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Mélenchon compare Macron à Louis XV, "qu'on enterra de nuit sous les lancers de pierre"

Jean-Luc Mélenchon à sa sortie d'un entretien avec le président Emmanuel Macron à l'Elysée, le 21 novembre 2017

Jean-Luc Mélenchon à sa sortie d'un entretien avec le président Emmanuel Macron à l'Elysée, le 21 novembre 2017 - LUDOVIC MARIN / AFP

Dans un billet de blog, le leader de La France insoumise tance durement le chef de l'État, qu'il accuse d'une dérive droitière aussi bien sur le plan de la sécurité que du rapport avec l'islam.

Jean-Luc Mélenchon invoque régulièrement la mémoire de l'Ancien régime et de sa fin pour peindre l'époque. En particulier l'actuel président de la République. Dernière illustration en date ce mardi, dans un billet publié sur son blog, où le leader de La France insoumise tance durement Emmanuel Macron. Il l'y accuse de s'être engagé dans une dérive droitière sans précédent et le compare à Louis XV, roi de France de 1715 à 1774.

Faisant état de "la liste de tout ce qui dans le pays est en train de déraper au point que l’esprit public est disponible pour bien des soubresauts", Jean-Luc Mélenchon écrit que "le régime macroniste est déjà plus honni que l’était la fin du hollandisme". Et d'ajouter plus loin: 

"Louis XV commença son règne sous le surnom de 'Bien aimé'. On l’enterra de nuit sous les lancers de pierre."

"Le régime se rabougrit"

L'ancien sénateur socialiste estime par ailleurs que le "régime se sait dorénavant si isolé dans la société (...) qu'il se rabougrit volontairement au socle social qu'il a conquis sur la droite". 

"Le voilà donc à son tour engagé dans la pente qui a coûté si cher à la droite traditionnelle: élargir son audience à droite, là où campent l’extrême droite et ses thèmes. Ainsi est née l’idée calamiteuse de ce plan gouvernemental à propos de 'l’islam radicalisé' cousu en pur fil du mauvais coton lepéniste", poursuit le député des Bouches-du-Rhône.

Citant la grogne des avocats, qui s'ajoute selon lui à de nombreuses autres, Jean-Luc Mélenchon se demande "combien d’autres, combien de consciences" vont être "sidérées par leur découverte de la nature violente et méprisante de cet 'extrême-centre' qu’incarne le régime macroniste". "Leur nombre ne peut qu’augmenter car rien ne permet de voir la tendance s’inverser", poursuit-il.

Une comparaison déjà effectuée

Jouissant effectivement d'une grande popularité au mitan de son règne, Louis XV a vu celle-ci s'effondrer à l'issue du traité d'Aix-la-Chapelle, signé en 1748 par la France, la Grande-Bretagne et les Provinces-Unies (aujourd'hui les Pays-Bas). Ce traité, censé mettre fin à la guerre de Succession d'Autriche, prévoit la restitution par la France de ses conquêtes hollandaises.

Comme le relate Le Figaro, cet épisode atteint la fibre patriotique des Français, non contents que le roi renonce ainsi à élargir les frontières du royaume. Leur ressentiment vis-à-vis de Louis XV ne cessera de croître jusqu'à sa mort. Cette dernière sera d'ailleurs accueillie par des festivités joyeuses dans les rues de Paris. 

Jean-Luc Mélenchon n'est pas le premier opposant de gauche à comparer un président de la Ve République à l'un de nos monarques d'antan. Lorsqu'il occupait l'Elysée, Valéry Giscard d'Estaing inspirait le même parallèle, notamment chez les caricaturistes. Pour construire sa campagne présidentielle victorieuse de 1981 face au chef d'État sortant, François Mitterrand s'est appuyé sur une fiche, rédigée par ses communicants, construite autour de cette comparaison. Elle s'intitulait: "Roosevelt contre Louis XV, l'homme qui veut contre l'homme qui plaît". Reste à savoir si le sobriquet collera également à la peau d'Emmanuel Macron. 

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Emmanuel Macron

Jules Pecnard