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Jean-Luc Mélenchon: "La lumière vient de Grèce"

Jean-Luc Mélenchon sur le plateau de BFMTV-RMC, le 20 janvier 2015.

Jean-Luc Mélenchon sur le plateau de BFMTV-RMC, le 20 janvier 2015. - BFMTV

Au lendemain de son meeting commun avec Cécile Duflot pour soutenir Syriza, le parti de la gauche radicale donné favori des élections grecques le 25 janvier prochain, Jean-Luc Mélenchon est venu défendre sur BFMTV-RMC sa vision de la politique nationale et européenne. Ce qu'il faut retenir de son interview.

Pour Jean-Luc Mélenchon, l'espoir vient désormais de la Grèce. Invité de BFMTV-RMC au lendemain de sa participation au meeting de soutien à Syriza, le parti de la gauche radicale grecque, Jean-Luc Mélenchon a défendu une autre façon de faire de la politique en Europe. Ce qu'il faut retenir de son interview.

> Le constat: "La lumière" vient de Grèce

Alors que la France se remet doucement des attentats qui l'ont frappée sur son sol début janvier, Jean-Luc Mélenchon a salué la mobilisation du 11 janvier, qui a rassemblé près de 4 millions de personnes dans la rue, mais a enjoint le pays à passer à autre chose. "On ne va pas broyer du noir toute notre vie", a-t-il souligné. "Je sais que le pays a certainement changé, les grandes épreuves nous transforment et nous venons de vivre une grande épreuve. La démonstration de masse dans les rues a été une formidable manifestation des valeurs républicaines en France." "Mais maintenant, la France est un pays qui se cherche. Et voici que s'allume une petite lumière en Grèce, a-t-il défendu en référence à l'émergence du parti de la gauche radicale Syriza, donné favori de l'élection grecque. Peut-être que le 25 janvier, ma gauche va gagner en Grèce."

> La prophétie: vers un "Printemps européen"

Une victoire annonciatrice d'un "Printemps européen", selon Jean-Luc Mélenchon. "Si Syriza gagne, cela va changer l'Europe. "On va pouvoir se dire qu'on peut faire autrement", a-t-il poursuivi, soulignant que les citoyens subissant une politique d'austérité "décidée par l'Allemagne" pourront désormais la refuser. Quid de la dette grecque alors, dont la France attend des remboursements? La Grèce doit-elle s'affranchir de la payer?

"Une dette est une dette, vous avez raison", a d'abord reconnu Jean-Luc Mélenchon, reprenant les propos de la directrice du FMI, Christine Lagarde. Mais selon lui, ce n'est pas à la Grèce, exsangue, de la payer. Selon lui, il existe une solution beaucoup plus simple: "La BCE rachète la totalité de la dette grecque, et cet argent revient dans les caisses des Allemands et des Français", a-t-il défendu.

Et Jean-Luc Mélenchon de rêver à un effet domino de la possible victoire de Syriza. "Syriza est donné favori en janvier, le parti Podemos peut aussi gagner en Espagne. Nous, nous arriverons en décembre et on a nos chances. Et à ce moment-là, ce sera le Printemps européen", prophétise-t-il.

> Le tacle: "c'est nous qui traçons le cap"

Mais pour voir son rêve de "Printemps européen" se réaliser, encore faut-il que la gauche de la gauche s'organise. Et les bases semblent jetées. Jean-Luc Mélenchon a confirmé mardi matin qu'il travaillait déjà à une alliance à venir avec les Verts, qui ont également participé au meeting de soutien à Syriza, lundi soir. "Nous travaillons à la construire. L'impasse du modèle Hollande, Macron et compagnie, qu'on a appelé social-démocrate et qui est une catastrophe en France comme dans toute l'Europe, fait qu'on doit penser à autre chose. Il ne faut pas se contenter de critiquer (ce modèle) mais proposer autre chose", a-t-il martelé.

"C'est ce à quoi on travaille, on essaye de le faire. Ce n'est pas facile", a convenu Jean-Luc Mélenchon, assurant toutefois qu'il ne s'agissait pas de fonder un nouveau parti mais bien de proposer une coalition. "Syriza est une coalition, le Front de gauche est une coalition", a-t-il expliqué, acceptant volontiers la comparaison d'un "Syriza de France". Concrètement, comment fonctionnerait cette nouvelle coalition? "Aux élections départementales qui viennent, à plein d'endroits, cela va se faire: nous allons présenter au premier tour des listes larges et citoyennes."

S. C.