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Face aux ordonnances, Poutou déplore la faible mobilisation sociale

Invité de Et en même temps ce dimanche soir, l'ancien candidat à l'élection présidentielle a reconnu le manque d'unité lors des mobilisations contre les réformes du gouvernement. Il pointe directement du doigt les syndicats et Jean-Luc Mélenchon.

Philippe Poutou et Jean-Luc Mélenchon partagent le même constat. La mobilisation contre les réformes libérales d'Emmanuel Macron peine à faire bouger les lignes et le gouvernement ne semble pas décidé à ralentir l'allure.

"C'est notre souci. C'est pas tant l'agresseur, c'est-à-dire le gouvernement au service des plus riches qui mène une politique ultra-libérale. Notre vrai problème c'est 'Comment on arrive à se défendre?' (...) On fait la démonstration d'un état de faiblesse", a expliqué Philippe Poutou sur le plateau de Et en même temps.

Selon lui, cette "incapacité à se défendre" est due à des "années de reculs sociaux qui fragilisent la population et le mouvement militant". "On ressent une sorte de résignation qui se généralise. On ne croit plus collectivement à pouvoir changer les choses", regrette le leader du NPA qui conseille aux manifestants de "s'accrocher, de ne pas lâcher".

Poutou pointe la responsabilité de Mélenchon et des syndicats

"On espérait une rentrée chaude. (...) C'est très difficile de relever la tête, de retrouver de la confiance en nous même. (...) On est fragilisé", reconnaît Philippe Poutou qui se montre très critique à l'égard de la stratégie des syndicats qui organisent des manifestations successives et "qui derrière n'assument pas".

Mélenchon en prend aussi pour son grade. Le leader du NPA lui reproche, comme aux autres dirigeants politiques, "son incapacité à réunifier le mouvement social".

"Chacun a voulu faire son truc dans son coin. Martinez de son côté, Mélenchon de l'autre... Et on se retrouve dans une mouvement qui ne se construit pas", lâche Philippe Poutou.

Mais ce dernier ne veut pas lâcher et croit encore au sursaut de la mobilisation. "On se dit que c'est toujours possible", affirme celui qui explique que "l'explosion sociale" peut intervenir dans les mois qui viennent.

Paul Louis