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Placé: Duflot cherche à construire "un Syriza à la Française avec Mélenchon"

Jean-Vincent Placé sur le plateau de BFMTV le 13 mars 2015

Jean-Vincent Placé sur le plateau de BFMTV le 13 mars 2015 - BFMTV

Jean-Vincent Placé est revenu sur BFMTV sur les tensions au sein de son parti EELV. Si certains veulent se rapprocher du Front de gauche, d'autres se verraient bien au gouvernement. Le chef de file des sénateurs écolos ne s'en cache pas, il prône la synthèse à gauche.

Le parti des Verts est-il au bord de l'implosion? Alors que Cécile Duflot a exclu le retour d'EELV au gouvernement, certains parlementaires prennent leurs distances vis-à-vis de cette position. A quelques jours des élections départementales, Jean-Vincent Placé, président du groupe écologiste au Sénat était l'invité de Ruth Elkrief ce vendredi sur BFMTV. Une nouvelle fois, il n'a pas caché sa proximité avec les positions gouvernementales.

Au lendemain de son anniversaire, Jean-Vincent Placé n'a pourtant invité ni socialistes, ni écolos à souffler les bougies avec lui. "Je vais être très franc avec vous, je ne fête pas mon anniversaire, depuis toujours. Un petit stress", a-t-il confié amusé. Alors que l'implosion supposée d'EELV et les relations compliquées qui prévalent à l'intérieur du parti commencent à faire couler de l'encre, Jean-Vincent Placé a admis "des divergences politiques, incontestablement".

Conférence climat, loi de transition énergétique, texte sur la biodiversité, les "beau projets" où s'investir auprès du gouvernement ne manquent pas aux yeux de l'élu qui entend "travailler avec celles et ceux qui se passionnent pour la planète" dans un "projet oecuménique".

Le gouvernement "n'a pas 20/20"

Si le gouvernement "n'a pas 20/20" en écologie, "c'est la première fois que le Président de la République parle autant d'écologie", admet Jean-Vincent Placé, citant en exemple le déplacement de François Hollande à Manille. "Maintenant il faut faire davantage", conclut-il, expliquant que la limitation à 2°C de l'augmentation de la température sur Terre est "un enjeu vital".

Notant des progrès sur le front de l'Europe et de l'économie, Jean-Vincent Placé salue implicitement le travail du gouvernement. "Tous les maux d'avant c'était François Hollande et maintenant, quand ça s'améliore, ce n'est pas François Hollande?", s'est-il interrogé. "Quand ça va bien il faut le dire (...) il y a un tout petit peu plus de croissance", a-t-il lui même répondu.

Ségolène Royal? une "chance" pour les écolos

Les électeurs sont-ils d'accord pour que les écolos fassent leur retour au gouvernement? A l'appui de sondages, le sénateur répond par la positive, rappelant que "90% des sympathisants écologistes (...) souhaitent que nous soyons les mains dans le cambouis - même si ce n'est pas tout à fait écolo - pour agir et peser". Considérant comme une "chance" d'avoir Ségolène Royal comme ministre de l'Ecologie, il ajoute que "c'est normal que quand on veut faire plus d'écologie il vaut mieux le faire avec les écologistes". Certains d'entre eux pourraient donc rentrer au gouvernement après les élections départementales? "On pense qu'on peut être utiles au pays", admet à demi-mot le sénateur.

"C'est le Président de la République qui décidera du moment et des personnes", ajoute-t-il dans un discret appel du pied.

Conséquences et inconséquences

Face aux menaces extérieures et intérieures, à la montée du FN dans les sondages, la stratégie de Jean-Vincent Placé, c'est donc l'union.

"Est-ce qu'on ne peut pas essayer de se rassembler un petit peu? Est-ce qu'on ne peut pas trouver des compromis? De faire taire les replis identitaires qu'on peut voir de ci de là y compris dans le parti écologiste?" suggère-il.

Une allusion directe à Cécile Duflot qui fait campagne aux côtés du Front de Gauche, exclut tout retour des membres d'EELV au gouvernement et cherche à construire, selon Jean-Vincent Placé "quelque chose qui ressemble à un Syriza ou à un Podemos à la Française avec Mélenchon", un projet "qui n'est pas utile au pays et qui fracture la gauche", tacle-t-il. "Ce sont des duels UMP-Front national qu'on est en train d'organiser", s'agace-t-il.

"On veut une politique plus à gauche, ce qui est mon cas, un politique plus écologiste, ce qui est mon cas (...) et la seule réponse qu'on va apporter c'est 80 départements pour la droite (...) Voilà la conséquence de ces inconséquences", attaque-t-il, prônant ouvertement une "synthèse" allant de la gauche de la gauche au centre pour les deux dernières années du quinquennat.

Valls et Placé, même combat

Revenant sur l'appel de Manuel Valls à lutter contre le Front national, Jean-Vincent Placé, lui aussi naturalisé, y perçoit "une profonde sincérité". "On a une passion absolue de la France (...) je suis persuadé qu'il n'y a aucune vision tactique" dans le discours du Premier ministre, a-t-il défendu.

Les deux branches qui s'éloignent dans la famille des écolos pourraient être fatales à Europe Ecologie-Les Verts après les départementales. Un risque que ne dément pas Jean-Vincent Placé: "A l'heure à laquelle je parle, je n'ai pas cette visibilité-là", s'est-il contenté de répondre, reprochant à son parti d'être "très décalé vers l'extrême gauche".

A. D.