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Pascal Canfin sur la COP21: "On est passé de 4 à 3 degrés de réchauffement" climatique

Pascal Canfin, membre d'EELV, ancien député européen et ancien ministre délégué au Développement, était mardi matin l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et sur RMC. Il publie avec Peter Staime l'ouvrage Climat: 30 questions pour comprendre la conférence de Paris (éditions Les petits matins).

Invité mardi matin sur BFMTV et RMC, Pascal Canfin voit la COP21 comme la dernière possibilité de trouver un accord international sur le climat avant "le point de non-retour" à ne pas franchir. "Ce n'est pas la planète, qui est menacée, c'est l'homme. La planète, elle a vécu des milliards d'années, elle vivra des milliards d'années. (...) Derrière l'enjeu climatique, c'est un enjeu de civilisation".

L'ancien eurodéputé remarque la prise de conscience des enjeux par la Chine. Aujourd'hui, "les Chinois se disent 'aujourd'hui nous sommes face à un mur écologique'. La pollution de l'air en Chine fait que lorsque vous vivez une journée à Pékin, c'est comme si vous consommiez 40 cigarettes par jour". L'enjeu consiste donc à "changer de mode de développement".

"Des intérêts puissants ne veulent pas bouger"

"Jamais l'humanité n'a été confrontée à un tel défi", estime Pascal Canfin. Or, le climato-scepticisme est "dangereux lorsqu'il est financé par des lobbies. Pendant longtemps, Exxon Mobil, la plus grande compagnie pétrolière au monde, a mis des milliards d'euros pour financer le discours climatosceptique à travers des chaînes comme Fox News. Des intérêts extrêmement puissants ne veulent pas bouger".

La Chine s'est engagée lundi sur un accord contraignant, fait inédit pour Pékin. Une avancée majeure car si rien n'est fait, "nous sommes sur une trajectoire de réchauffement de +4 degrés (d'ici à la fin du siècle, Ndlr). Quatre degrés de plus c'est l'apocalypse, 3 degrés c'est compliqué, 2 degrés c'est le point de non-retour". En additionnant les engagements déjà pris avant le sommet de Paris, "on est passé de 4 à 3 degrés de réchauffement".

Pour l'instant, donc, selon les engagements de baisses d'émissions de gaz à effet de serre acceptés par la plupart des pays du monde avant la COP21, "on a fait la moitié du chemin" pour rester en-dessous de 2 degrés de réchauffement, estime Pascal Canfin.

Les pays du Golfe "ne bougeront pas"

Qui est susceptible de bloquer les négociations? "La Chine, premier émetteur au monde, est maintenant dans le bon camp, les Américains également". En face, Pascal Canfin cite l'Inde, "la Chine d'il y a 20 ans en termes de revenus et d'émissions de gaz à effet de serre. En 2022, l'Inde sera le pays le plus peuplé du monde. Le débat il est en Inde". De même, l'Australie et les pays du Golfe "ne bougeront pas" sur la question du climat.

Or, "nous sommes en train de dérégler le capital naturel. Si demain ce capital naturel se détruit, un air qu'on peut respirer, de l'eau qu'on peut boire, ça coûtera une fortune et on perdra notre mode de vie actuel", prévient l'ancien ministre. "On est à quelques semaines de trouver un accord historique sur le climat. Si c'est un succès, ce sera un succès bien au-delà du climat".