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Migrants: dans une lettre à Hollande, Duflot dénonce un "Waterloo moral"

Cécile Duflot, députée parisienne, le 7 avril 2015 à l'Assemblée nationale.

Cécile Duflot, députée parisienne, le 7 avril 2015 à l'Assemblée nationale. - Loïc Venance - AFP

L'ancienne ministre du Logement dénonce la politique gouvernementale sur les migrants, et exhorte à "résister au vent mauvais de la xénophobie".

Cécile Duflot est en colère. Dans une lettre ouverte à François Hollande publiée dans Le Monde, l'ancienne ministre écologiste du Logement s'insurge contre la politique migratoire du gouvernement, deux jours après l'évacuation musclée de migrants dans le 18e arrondissement de Paris.

"Pourquoi un tel acharnement contre de pauvres gens?" demande Cécile Duflot, en pointant "les gaz lacrymogènes alors utilisés", "les images de migrants embarqués de force dans des rames de métro". "Les cris de révolte et d'incompréhension n'ont pas pu ne pas parvenir jusqu'à vous", ajoute-t-elle. "Toute la gauche a en mémoire les tristes événements de 1996 quand la droite au pouvoir n'hésitait pas à pourchasser les migrants jusque dans les églises", écrit Cécile Duflot, en allusion à l'évacuation musclée de l'église Saint-Bernard, déjà dans le 18e arrondissement de Paris.

"Avons-nous perdu la tête et le coeur?"

"Nous ne pensions pas alors que le désarroi et la colère qu'il nous faisait ressentir, nous les ressentirions un jour sous un gouvernement de gauche. Avons-nous donc perdu et la tête et le coeur pour ne pas voir que nous faisons fausse route? A force de professer un pseudo-pragmatisme, nous ne réglons pas les problèmes concrets et nous perdons la bataille des valeurs. Notre politique des migrations est un Waterloo moral", tranche l'élue parisienne.

"Cessons d'être tétanisés par l'influence de l'extrême droite dans le champ politique", "penser que nous pouvons nous soustraire au monde commun en construisant une Europe forteresse est un mythe excluant, un mensonge halluciné, une fiction dangereuse", affirme Cécile Duflot, qui ajoute: "Il est grand temps de résister au vent mauvais de la xénophobie qui souffle sur tout le continent européen et inspire de bien mauvaises solutions aux gouvernants". L'ancienne ministre en appelle au chef de l'Etat et lui demande, "dans l'immédiat", de régler la situation des migrants de la Halle Pajol, évacués lundi.

A. K. avec AFP