BFMTV

Campement évacué de La Chapelle: le casse-tête des migrants parisiens

Les migrants évacués mardi du campement parisien de La Chapelle, qui risquaient pour certains de se retrouver à la rue dès vendredi, verront en grande majorité leur hébergement prolongé de quatre nuits. Mais après? La situation, très confuse, illustre une fois de plus le casse-tête du traitement de ces migrants sur le sol français, notamment à Paris.

Malgré la prolongation de quatre nuits de l'hébergement d'urgence des migrants évacués du campement sauvage de La Chapelle, à Paris, la situation reste confuse et tendue.

Les pouvoirs publics avaient assuré aux 360 migrants, installés depuis plusieurs mois sous le pont métro aérien du boulevard La Chapelle à Paris, que chacun se verrait pris en charge. Mais tous n'ont pas obtenu d'hébergement, et se sont retranchés dans le square de l'église Saint-Bernard.

Gymnase parisien

Jeudi dans la soirée, ils étaient jusqu'à 250 sur le parvis. Vendredi après-midi, les forces de l'ordre les ont évacués, en les raccompagnant par petits groupes jusqu'à la station de métro La Chapelle.

Vers 17h, la tension est montée d'un cran. Les forces de l'ordre ont été obligées d'évacuer les migrants qu'ils avaient fait rentrer une heure auparavant dans la station. Certains ont été hébergés temporairement dans un gymnase parisien. 

"Les migrants sont très fatigués"

Mais cette situation illustre une fois de plus le casse-tête du traitement de ces migrants sur le sol français, notamment à Paris. BFMTV s'est rendue dans ce gymnase, où ils s'entassent par dizaines des migrants érythréens et soudanais, demandeurs d’asiles ou en situation de transit.

Sur place, des associations leur servent des repas afin de les aider à tenir. Mais après plusieurs expulsions, leur moral est au plus bas.

"Les migrants sont très fatigués, ils ont très faim", explique l'un d'eux. "Ils ont dit aux gens: on va vous mettre à l'abri ou on va donner des papiers. Mais en fait, c'est faux".

"On les retrouvera peut-être à Calais ou Paris"

Parmi ces migrants, qui seraient au nombre de 350, 160 sont demandeurs d’asile. Les autres ont prévu de quitter la France pour rejoindre d’autres destinations comme l’Angleterre ou l’Allemagne.

"Les demandeurs d'asile sont partis vers des établissements spécialisés, et y resteront de manière pérenne, précise Pierre Henry, directeur général de France Terre d'Asile. "Les autres se sont vus proposer des hébergements d'urgence et on retrouvera ces personnes sur différents territoires. Peut-être à Calais, peut-être à Paris, dans quelques jours!"

"Le but de l'évacuation, c'était d'effacer la visibilité du problème"

Ces migrants ont déjà été délogés plusieurs fois par les forces de l’ordre: de leur camp, porte de la Chapelle mardi, du square de l’église Saint-Bernard vendredi. Et ils devraient être à nouveau déplacés bientôt. Trop de va-et-vient et pas assez de solutions pour certains élus.

"La plupart sont hébergés une nuit, deux nuits, trois nuits… Et ils vont se retrouver de nouveau à la rue", s'indigne Dante Bassino, adjoint au maire du Xe arrondissement de Paris, chargé du logement. "A certains, on a déjà dit que maintenant, l'hébergement, c'était terminé, qu'il fallait qu'ils appellent le 115. Le but n'était pas de trouver une solution à la situation de ces personnes. Le but, c'était d'effacer la visibilité du problème".

Les soixante-dix migrants en situation de fragilité, femmes, enfants, mineurs isolés, ont été pris en charge par différentes associations.
C. P. avec Caroline Mier et Anne-Sophie Warmont