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Jadot met en garde contre le "burnout démocratique" de la France

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Invité de BFMTV et RMC, le député européen s'est inquiété du mélange de révolte et de résignation qui travaille le peuple français depuis un certain temps. Il a par ailleurs condamné la dégradation des locaux de BlackRock à Paris.

Comme d'autres leaders politiques, il constate la "colère" qui traverse le pays. Invité de BFMTV et RMC, l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot s'est inquiété du "burnout démocratique" dont souffrirait aujourd'hui une large partie des Français. Évoquant un récent sondage Ifop sur l'état d'esprit des Français sur la situation économique, l'ex-tête de liste d'Europe Écologie-Les Verts aux élections européennes en a tiré plusieurs conclusions:

"45% des Français sont révoltés, 28% sont résignés. Cela dit un état, le burnout démocratique de notre pays. (...) Cette colère-là, il ne faut pas la nier comme le fait ce gouvernement, mais il ne faut pas l'instrumentaliser." Et d'ajouter: "Cette colère, je la fais mienne pour créer des solutions pour répondre aux problèmes des Français". 
"Les Français attendent aujourd'hui des solutions concrètes. Ils en ont ras-le-bol de cette forme de débat politique où les uns et les autres sont sur des postures entre le côté du bien et le côté du mal", a poursuivi l'eurodéputé. "Ils veulent que l'on se rassemble". 

Yannick Jadot condamne par ailleurs les actions perpétrées lundi par des militants écologistes dans les locaux parisiens de BlackRock. Le gestionnaire d'actifs a vu ses bureaux envahis puis dégradés. Le fait de militants davantage anarchistes qu'écologistes selon le député européen EELV. 

"Vous ne me trouverez jamais aux côtés des militants qui dégradent, des militants qui sont dans une forme de violence. (...) J'ai dirigé les campagnes de Greenpeace. La désobéissance civile, j'en ai fait', a-t-il rappelé. "Jamais, jamais, jamais nous ne dégradons les biens."

Les Français "veulent qu'on se réunisse"

La veille, le secrétaire national d'EELV Julien Bayou défendait peu ou prou la même position, affirmant que la désobéissance civile devait être "pacifique et joyeuse". D'après Yannick Jadot, les Français "attendent des solutions concrètes" et non "la démagogie", "la violence verbale" ou "les violences physiques". 

Derrière cet appel à une forme de rassemblement - autour des thématiques écologistes - apparaît en filigranes les divergences stratégiques au sein d'EELV pour les municipales. Si certains au sein du parti prônent des candidatures autonomes, d'autres (comme Yannick Jadot) approuvent les alliances nouées ici et là, comme à Strasbourg par exemple, où le ticket EELV-PCF caracole pour l'instant en tête des sondages. 

Jules Pecnard