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Baupin nie "toute tentative de harcèlement sexuel et d’agression sexuelle" 

Le député écologiste s'exprime pour la première fois depuis que le scandale a éclaté il y a trois semaine, ce mercredi dans les colonnes de L'Obs. Et sa ligne de défense n'a pas varié: il dément catégoriquement les accusations portées contre lui.

"Je ne suis pas le DSK des Verts". Pour la première fois depuis que le scandale a éclaté, Denis Baupin sort du silence. Accusé d'agressions et de harcèlements sexuels, le député écologiste nie en bloc et en détail les faits qui lui sont imputés.

"J’affirme de toute ma vie n’avoir jamais commis de harcèlement sexuel ni d’agression sexuelle", commence Denis Baupin dans un entretien réalisé en présence de son avocat, et publié par L'Obs ce mercredi.

"Ce n'est pas ma conception des rapports entre les hommes et les femmes", se justifie-t-il, avant de répondre point par point à certains témoignages parus dans la presse.

Du harcèlement? Des "clins d'oeil", selon Baupin

La députée Isabelle Attard, dont le témoignage a contribué à faire éclater l'affaire, affirme avoir été harcelée de SMS explicites de juin 2012 à décembre 2013.

"Ce n’était pas des SMS salaces, plutôt de compliment, de séduction", répond Denis Baupin. Point de harcèlement sexuel dans tout cela, mais des "jeux de séduction", des "clins d'œil", selon le député.

Même tonalité en ce qui concerne les "SMS d'incitation sexuelle" qu'Elen Debost, aujourd'hui élue EELV au Mans, confie avoir reçus, malgré ses refus répétés. Denis Baupin évoque des "SMS de nature érotique, entre adultes consentants".

"J’ai encore des SMS où elle me dit qu’elle trouvait le jeu 'émoustillant'", affirme l'ex-vice président de l'Assemblée nationale.

Baupin se dit victime de règlements de compte politiques

Et Denis Baupin va plus loin. Si ces témoignages sont sortis récemment dans la presse, c'est parce qu'il est probablement victime de "désaccords politiques profonds à EELV".

"Je constate que cela arrive à une période politique où l’écologie est en sale état. Nous sommes à un moment où des clivages profonds, stratégiques et anciens resurgissent", conclut-il.

Lundi, cinq nouveaux témoignages ont été rendus publics par Mediapart et France Inter, portant à treize le nombre de victimes présumées de Denis Baupin. Des faits commis entre 1998 et 2014 et qui ne concernent pas que des militantes écologistes, pouvant être qualifiés d'harcèlement et agression sexuels. 

Dans un communiqué diffusé ce mercredi, Isabelle Attard, Elen Debost, Annie Lahmer et Sandrine Rousseau, quatre des treize femmes ayant témoigné contre Denis Baupin, disent "prendre acte des déclarations" du député écologiste.

"Nous regrettons une stratégie de défense qui apparaît en complet décalage avec l'importance, la répétition et la concordance des faits décrits par les 13 femmes qui témoignent", écrivent-elle, ajoutant qu'"en niant les actes, en tentant de décrédibiliser les victimes, Denis Baupin emploie une stratégie malheureusement bien trop classique dans ce type d'affaire". 
Caroline Piquet