BFMTV

Étudiant immolé à Lyon: le gouvernement "comprend l'émotion" mais "condamne" les violences

Laurent Nunez

Laurent Nunez - AFP

Après l'immolation d'un étudiant par le feu vendredi à Lyon, les grilles du ministère de l'Enseignement supérieur ont été forcées mardi soir. La même journée, François Hollande a été empêché de tenir une conférence à l'université Lille 2.

Le secrétaire d'État à l'Intérieur Laurent Nuñez a dit ce mercredi "comprendre l'émotion légitime" après l'immolation d'un étudiant à Lyon mais "condamne les violences" qui ont visé notamment un bâtiment du ministère de l'Enseignement supérieur à Paris mardi soir.

"Je condamne les violences de la nuit. On peut comprendre l'émotion légitime (...) On peut comprendre qu'il y ait des manifestations devant les Crous, mais les menaces de mort contre les responsables de Crous, les dégradations physiques, l'empêchement de l'ancien président de la République, François Hollande de tenir une conférence, sont des faits qui sont totalement inacceptables", a affirmé le secrétaire d'État sur France Inter. 

La ministre de l'Enseignement supérieur "Frédérique Vidal a fait en sorte que cette rentrée universitaire soit au coût le plus bas possible", a-t-il complété. 

Dans un communiqué publié mardi, la ministre de l'Enseignement supérieur condamne également "fermement les violences et les dégradations qui ont eu lieu" mardi, estimant que "le geste tragique commis par un jeune homme vendredi dernier suscite une émotion légitime, mais la violence ne peut pas avoir de place à l'université".

L'immolation d'un étudiant, point de départ de la contestation

Des rassemblements de centaines d'étudiants en colère se sont tenus mardi dans plusieurs villes de France à l'appel du syndicat Solidaires, notamment à Lyon, ville où un étudiant de 22 ans s'est immolé vendredi dernier devant un restaurant universitaire, et qui est toujours entre la vie et la mort.

En difficulté financière - il avait perdu sa bourse en "triplant" sa deuxième année de licence à l'université Lyon 2 - le jeune homme a expliqué son geste dans un message lu mardi: "Aujourd'hui je vais commettre l'irréparable, si je vise le bâtiment du Crous ce n'est pas par hasard, je vise un lieu politique".

À Paris, la grille d'entrée du ministère de l'Enseignement supérieur a été arrachée mardi soir par des manifestants, en marge d'un rassemblement d'étudiants qui s'est déroulé dans le calme devant le Crous. Tandis qu'à Lille, l'ancien président François Hollande a été empêché de donner une conférence à l'université par des manifestants dénonçant la précarité étudiante. 

Les membres du gouvernement au diapason

Interrogé sur BFMTV ce mercredi matin, le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la jeunesse Gabriel Attal a qualifié l'immolation de l'étudiant de "drame absolu".

"Je comprends parfaitement l'émotion qu'il peut y avoir chez les étudiants, chez les Français d'une manière générale, c'est une situation je crois qui nous émeut tous. Et puis il y a des syndicats étudiants, syndicats d'extrême gauche, le Nouveau parti anticapitaliste, qui ont mené des actions hier qui ont parfois été violentes. Moi je veux dire que la violence ne peut pas être une solution. J'entends parfaitement les revendications, j'entends parfaitement la difficulté dans laquelle vivent beaucoup d'étudiants, et on l'entend tellement qu'on agit depuis deux ans", a réagi le secrétaire d'État.

Lors de son point presse à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement a quant à elle appelé à faire preuve de "précaution" pour éviter "toute tentative ou tentation d'instrumentalisation". Déplorant ce "geste de désespoir", Sibeth Ndiaye a indiqué que "le gouvernement n'avait pas été inactif ces deux dernières années en matière de lutte contre la précarité des étudiants".

Clarisse Martin avec AFP