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Etudiant immolé: l'université Lyon 2 bloquée pour dénoncer la précarité étudiante

Un véhicule de police devant l'université de Lyon 2 le 14 mai 2018.

Un véhicule de police devant l'université de Lyon 2 le 14 mai 2018. - JEFF PACHOUD / AFP

Près de 1200 personnes se sont réunies mardi pour rendre hommage à l'étudiant qui s'est immolé la semaine dernière et dénoncer la précarité étudiante.

Réunis en assemblée générale mardi, les étudiants de l'université Lyon 2 ont voté, à l'appel du syndicat Solidaires Etudiant-e-s, le blocage de l'établissement pour dénoncer la précarité étudiante.

Sur Twitter, l'université a annoncé que les cours n'auraient pas lieu sur le campus de la Porte des Alpes en raison d'un blocage. "Les conditions ne permettent pas d’accueillir étudiant.es et personnels", écrit l'université.

Devant le campus des quais du Rhône, les grilles ont également été fermées, a constaté une journaliste de BFM Lyon en début de matinée. Mais la situation est vite revenue à la normale et les étudiants ont pu se rendre en cours.

Une assemblée générale est prévue ce jeudi sur le campus de Bron pour décider de la suite du mouvement.

Plusieurs centaines de manifestants mardi

Mardi, près de 1200 personnes se sont réunies pour rendre hommage à l'étudiant qui s'est immolé la semaine dernière devant un bâtiment du Crous. Ils ont ensuite défilé dans les rues de Lyon, prenant la direction de l'université Lyon 2 où ils sont entrés de force. 

Ce rassemblement avait aussi pour but de dénoncer la précarité étudiante. "Cet événement n'est pas un fait divers, c'est un problème politique et social. Nous souhaitons dire aux pouvoirs publics qu'il faut agir", a expliqué Bastien Pereira, porte-parole du syndicat Sud Education, sur BFM Lyon mardi matin.

Des rassemblements partout en France

D'autres rassemblements ont également eu lieu dans d'autres villes en France, à Lille, Saint-Etienne ou encore Paris. A la faculté de droit de Lille, une conférence de François Hollande a ainsi dû être annulée, tandis que dans la capitale quelques manifestants ont arraché la grille d'entrée du ministère de l'Enseignement supérieur, avant de prendre la fuite.

Dans un communiqué publié dans la soirée, la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a condamné "fermement" "les violences et les dégradations qui ont eu lieu en marge des rassemblements qui se sont tenus" dans la journée.

"Je vise un lieu politique"

Brûlé à 90%, l'étudiant de 22 ans qui s'est immolé vendredi était toujours "entre la vie et la mort" mardi. En difficulté financière - il avait perdu sa bourse en "triplant" sa deuxième année de licence à l'université Lyon 2 - il a expliqué son geste dans un message lu mardi par une camarade.

"Aujourd'hui je vais commettre l'irréparable, si je vise le bâtiment du Crous ce n'est pas par hasard, je vise un lieu politique, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et par extension le gouvernement", indiquait l'étudiant avant de passer à l'acte.

"Cette année, faisant une troisième L2, je n'avais pas de bourse mais même quand j'en avais, 450 euros par mois, est-ce suffisant pour vivre ?", ajoutait-il en reprenant des revendications sur le salaire étudiant.

Benjamin Rieth