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Et maintenant, que vont faire les députés sortants?

Benoît Hamon, député des Yvelines, a été éliminé dès le premier tour des législatives.

Benoît Hamon, député des Yvelines, a été éliminé dès le premier tour des législatives. - Martin Bureau - AFP

De nombreux députés vont devoir dire adieu à l'Assemblée nationale avec l'arrivée de la nouvelle législature, par choix ou parce qu'ils ont été battus au premier tour des législatives. Plusieurs veulent continuer la politique d'une autre manière, d'autres préfèrent se tourner vers le privé.

Le réveil a été rude, ce lundi matin, pour de nombreux députés. En particulier pour ceux, comme Benoît Hamon, qui ont été éliminés dès le premier tour. L'ancien vainqueur de la primaire socialiste n'a d'ailleurs pas caché son désarroi. Il a publié sur son compte Twitter un tableau représentant Sisyphe, condamné à faire éternellement rouler son rocher jusqu'en haut d'une montagne sans jamais atteindre le sommet, obligé de renouveler sa tâche inlassablement.

Pour beaucoup, cet après premier tour des législatives est en effet synonyme d'échec, de retour en arrière ou de déviation. Défaits par leurs adversaires, de nombreux députés actuels vont être forcés d'abandonner leur siège à l'Assemblée. D'autres, découragés en amont du vote, ont anticipé la défaite et pris la décision de ne pas se représenter il y a quelques mois ou quelques semaines.

Hamon va lancer son mouvement

Benoît Hamon, député des Yvelines, reste élu au Conseil régional d'Ile-de-France, où il siège à la Commission permanente, et à celle du Développement économique, de l'emploi et de l'innovation. Sur le plan professionnel, son avenir reste incertain, mais sur le plan politique, il prendra dans quelques semaines un nouveau tournant. Le 1er juillet, le vainqueur de la primaire socialiste lancera son propre mouvement "transpartisan", tout en restant au Parti socialiste. En tout cas pour l'instant. 

Cécile Duflot et Elisabeth Guigou se sont, elles aussi, manifestées sur Twitter dès ce lundi matin. L'écologiste Cécile Duflot, battue dans la 6e circonscription de Paris, a publié un communiqué intitulé "A demain la gauche, à demain l'écologie", pour remercier les électeurs et faire le bilan de ce scrutin. Si elle parle aussi d'avenir, promettant de rester engagée, elle ne précise pas de quelle manière.

"Dans les mois qui viennent, je continuerai à m'engager aux côtés de celles et ceux qui veulent agir pour transformer la société", écrit-elle. "Pour l'instant, le conservatisme a revêtu le masque du changement."

Guigou à la tête d'une Fondation

La socialiste Elisabeth Guigou, vaincue dans la 6e circonscription de Seine-Saint-Denis, en dit quant à elle davantage sur ses occupations dans les mois à venir.

"Je continuerai à m'engager pour le dialogue interculturel euroméditerranéen en tant que Présidente de la Fondation Anna Lindh, ainsi que pour l'Europe dans l'institut Jacques Delors, pour la paix dans le monde dans l'institut français des relations internationales et pour la justice et les droits des êtres humains", détaille l'ancienne ministre de la Justice. 

Mariton "cherche du boulot"

En amont des législatives, le député Les Républicains Hervé Mariton avait annoncé sa volonté de ne pas se représenter. L'élu de la Drôme reste maire de Crest, qu'il dirige depuis 1995, mais a fait savoir lors d'un passage télévisé qu'il cherchait du travail. "Je cherche du boulot", a-t-il lancé sur le plateau de France 2, refusant l'idée d'une retraite politique en tant que telle. 

Avant lui, deux autres députés sortants renonçant à briguer un nouveau mandat ont annoncé leur volonté de rejoindre le privé: Marion Maréchal-Le Pen, la députée FN du Vaucluse, et Nicolas Bays, député PS du Pas-de-Calais. La première a décidé de se mettre - momentanément - en retrait de la vie politique et renonce à ses mandats pour des raisons personnelles, officiellement. 

Maréchal-Le Pen se voit dans le privé

"Je n’ai pas de plan de carrière, je pense que je referai de la politique. Pas immédiatement", précisait-elle le 9 mai dans une interview à la chaîne de télé réactionnaire TVLibertés. Elle donnait aussi quelques détails sur sa carrière rêvée.

"Dans l'idéal je me vois dans le cadre d’une petite entreprise, j’aimerais pourvoir basculer totalement dans le privé, j’ai des pistes, rien de totalement définitif, je suis preneuse, je n’ai pas une idée exactement précise de ce en quoi je veux me reconvertir", expliquait Marion Maréchal-Le Pen, se disant ouverte à des propositions d'emploi. 

Nicolas Bays, motivé par de toutes autres raisons liées notamment aux difficultés du Parti socialiste, expliquait il y a quelques jours sur RMC qu'il gagnait beaucoup mieux sa vie dans le privé, où il a travaillé par le passé, que comme parlementaire. Lui aussi cherche activement un nouveau poste.

"J’ai dû démissionner de la fonction que j’avais dans le privé. Donc je vais faire partir mon CV, dans la branche dans laquelle j’étais précédemment", expliquait-il. 
Charlie Vandekerkhove