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Macron sur BFMTV: "Je ne préside pas à la lumière des sondages ou des manifestations"

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Le président de la République a répondu aux questions de Ruth Elkrief ce vendredi sur BFMTV. Un entretien enregistré à l'occasion de sa visite en Russie. Voici les principaux points abordés par le chef de l'Etat.

A l'occasion de la visite d'Emmanuel Macron en Russie, Ruth Elkrief a rencontré le chef de l'Etat et enregistré un entretien diffusé ce vendredi à 19 heures sur BFMTV. La veille, lors d'un discours commun avec son homologue russe à Saint-Pétersbourg, le président français a dit vouloir "avancer" avec Vladimir Poutine sur les sujets internationaux, malgré des "incompréhensions" entre les deux pays. Aussi bien sur le nucléaire iranien, que la Syrie et l'Ukraine, tout en appelant le président russe à la "responsabilité" liée à son "rôle renforcé" sur la scène internationale.

Au cours de cet entretien à BFMTV, il a beaucoup été question de cette actualité, mais aussi de sujets plus spécifiquement français, comme la réforme de la SNCF. Voici ce qu'il faut retenir des déclarations d'Emmanuel Macron.

Sur le poids de la France à l'international

Interrogé sur l'existence ou non d'un "effet Macron" à l'international depuis son arrivée à l'Elysée il y a un an, le chef de l'Etat, qui se plaît à se poser en intermédiaire, a estimé que la France était "écoutée". Il a cité notamment le dossier du nucléaire iranien, alors que Donald Trump a annoncé il y a quelques semaines le retrait des Etats-Unis de l'accord datant de 2015. Jeudi soir, Emmanuel Macron et Vladimir Poutine ont trouvé un terrain d'entente sur ce sujet, estimant que l'accord actuel devait être préservé à tout prix. 

"Si la France n’était pas écoutée, nous n’aurions pas aujourd’hui tous les pays européens, hier la Russie, nos alliés dans le groupe de contact que l’on a créé, qui se sont tous alignés sur cette position", a déclaré Emmanuel Macron sur BFMTV. "Ce que nous avons proposé, c’est ce qui a évité, quand les Etats-Unis ont déchiré l’accord, de dire 'c’est la catastrophe et tout s’envole' (...) Et la crédibilité que nous avons acquis ces derniers mois en nous battant, c’est ce qui fait que les Iraniens nous regardent comme des partenaires crédibles. Et disent 'je vais continuer à respecter cet accord même si les Etats-Unis sortent".

Sur la réaction de Poutine à l'enquête sur le crash du MH17

  • Malgré l'entente affichée jeudi avec le président russe, la conférence de presse a été marqué par un moment de malaise, quand un journaliste français a interrogé Vladimir Poutine sur les conclusions des enquêteurs internationaux sur le crash du vol MH17 de la Malaysia Airlines, abattu au-dessus de l'Ukraine. D'après eux, le missile qui a provoqué le crash de l'avion et la mort de tous ses passagers provenait d'une unité militaire russe.

"De quel avion s'agit-il?", a fait mine d'interroger Vladimir Poutine jeudi, feignant de ne pas comprendre la question. "Vous savez toute la journée nous avons travaillé, je ne connais pas les détails de la décision de la commission", a-t-il réagi. "Pour qu'on approuve les conclusions de la commission, il faut qu'on participe aux travaux", a-t-il ajouté, regrettant que la Russie ait été "écartée" de l'enquête. 

"Il n'y a pas de malaise, a estimé Emmanuel Macron. Il a répondu ce qu’il a répondu, qui peut choquer les journalistes français, pas habitués à ce style. (...) Je ne suis pas dans la diplomatie des états d’âme, contrairement à ce qui peut être dit. Je suis dans une relation personnelle avec mes homologues, je considère que cette relation personnelle doit être au service des intérêts du pays. Mais je ne suis pas dans le commentaire d’états d’âme. Et je n’ai jamais commenté ce que faisaient mes homologues", a-t-il poursuivi.

Sur son effigie brûlée lors d'une manifestation

Concernant l'actualité française, le président a été interrogé sur son effigie brûlée place de la Nation à l'issue de la manifestation des fonctionnaires.

"Je suis attaché à la fonction, les gens qui font ça manquent de dignité, ils ne proposent rien pour le pays. Ils veulent la grande violence c’est tout", a-t-il estimé. 

Sur le réforme de la SNCF

Concernant la grève de la SNCF, qui se poursuit malgré une dernière rencontre "rassurante" entre les syndicats et le gouvernement, qui s'est engagé à reprendre la dette de l'entreprise, Emmnauel Macron a déclaré avoir "de la considération pour les syndicats", travailler "avec eux".

"J’ai besoin des syndicats pour animer la vie et la démocratie sociale du pays. Mais les syndicats ne se substituent pas à la représentation nationale et la légitimité populaire. Ce n'est pas parce qu’un syndicat ou plusieurs seraient contre une réforme qu’il faudrait arrêter."
"J’écoute les gens, et quand, dans la négociation, des choses viennent éclairer légitimement une réforme, nous nous adaptons (...). J’écoute les gens en permanence, j’ai nourri mon projet de cette capacité d’écoute à comprendre où était le pays. Mais écouter les gens, ça ne veut pas dire être la girouette de l’opinion publique. Et donc j’assume de ne pas présider à la lumière des sondages ou des manifestations", a-t-il conclu. 
>> Retrouvez l'intégralité de l'interview d'Emmanuel Macron à Ruth Elkrief sur BFMTV

Charlie Vandekerkhove