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Macron s'attaque prudemment à l'organisation de l'Islam de France

Emmanuel Macron lors de sa visite dans la mosquée Zitouna, à Médine, en Tunisie

Emmanuel Macron lors de sa visite dans la mosquée Zitouna, à Médine, en Tunisie - Eric Feferberg - Pool - AFP

Le chef de l'Etat consulte des intellectuels et des représentants de toutes les religions. Objectif: poser les bases d'une réforme de l'organisation de l'islam de France.

Emmanuel Macron l'avait annoncé lors de ses voeux aux autorités religieuses, en janvier: il souhaite réformer l'organisation de l'islam de France. Un chantier important pour le président, qui souhaite en "poser les jalons durant ce premier semestre 2018", assure-t-il dans un entretien au Journal du dimanche.

"Ma méthode pour progresser sur ce sujet, c'est d'avancer touche par touche", déclare le chef de l'Etat à l'hebdomadaire. "Je ne dévoilerai une proposition que quand le travail sera abouti", ajoute-t-il.

"Je vois des intellectuels et des universitaires, comme Gilles Kepel, des représentants de toutes religions car je considère que nous devons nous inspirer fortement de notre histoire, de l'histoire des catholiques et de celle des protestants", détaille Emmanuel Macron, citant "Youssef Seddik, comme d'autres intellectuels et toutes sortes d'acteurs, tels que l'Institut Montaigne, qui ont pris des initiatives sur cette question".

Un enjeu politique

Le président ajoute que son objectif est de "retrouver ce qui est le cœur de la laïcité, la possibilité de pouvoir croire comme de ne pas croire, afin de préserver la cohésion nationale et la possibilité d'avoir des consciences libres".

Il estime qu'il y a un risque à "brandir des objets connotés" ou à "faire des raccourcis en plongeant tout le monde dans un même sac". "Il y a une question qui est celle de l'organisation. Mais il y a une autre question, qui est celle du rapport entre l'islam et la République", relève Emmanuel Macron. L'objectif de cette réflexion: éviter à l'islam de France de tomber dans la "crise" qu'il vit au plan international, avait dit le chef de l'Etat lors de ses voeux aux autorités religieuses. 

"La période est propice", estime Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des comptes publics, cité par le JDD. "Il y a une accalmie sur le front du terrorisme, Macron a une forte légitimité pour transformer le pays et une grande partie des musulmans ressent cette nécessité d’avancer", avance-t-il. L'enjeu est aussi politique. Car en face du président, Laurent Wauquiez, président de LR, compte bien occuper le terrain sur la question de l'islam. En s'emparant du sujet rapidement, Emmanuel Macron évite ainsi de lui en laisser le monopole.

A. K. avec AFP