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Macron pourrait lâcher Philippe sur la limitation de la vitesse à 80km/h

Edouard Philippe et Emmanuel Macron  le 26 juillet 2017.

Edouard Philippe et Emmanuel Macron le 26 juillet 2017. - CHARLY TRIBALLEAU / POOL / AFP

Le président et le Premier ministre ont des avis parfois divergents, comme sur l'abaissement de la limitation de vitesse à 80km/h.

Ils déjeunent ensemble chaque lundi et se parlent tous les jours, échangeant en permanence. Dans l'histoire de la Ve République, le couple exécutif formé par Emmanuel Macron et Edouard Philippe apparaît particulièrement soudé. Depuis leur arrivée à la tête de l'Etat, le président et le Premier ministre font tout pour se montrer unis, et chacun à sa place. "Ni le Président ni moi-même n’avons envie de nous prendre pour l’autre", déclarait un Edouard Philippe affichant sa sérénité en juillet dernier dans Le Monde.

Dans les récents sondages, leur cote de popularité est d'ailleurs souvent au diapason, l'une et l'autre baissant ou remontant en même temps. Signe que pour une partie de l'opinion publique, ils forment en effet un bloc cohérent. Ce qui ne les empêche pas d'avoir des divergences d'opinion, comme sur l'un des derniers sujets sensibles porté par l'exécutif: l'abaissement de la limitation de vitesse à 80km/h.

"C'est Philippe qui voulait cette mesure"

"A titre personnel, j'y suis favorable", a très tôt déclaré le Premier ministre, amenant la discussion au mois de décembre. Les mois suivants, c'est lui qui a porté cette réforme, dont il a tout de suite assumé le caractère impopulaire. La mesure est décriée notamment par les élus locaux et au sein du gouvernement par Jacques Mézard, le ministre de la Cohésion des territoires. Dans son édition du 7 mars, Le Canard enchaîné explique les raisons de la grogne des députés de La République en marche notamment: la mesure cible selon eux la France rurale, déplaît aux usagers et se révélera inutile car non respectée.

Or, d'après un proche du président cité par Le Monde ce mardi, Emmanuel Macron serait réceptif à ces inquiétudes.

"C’est Philippe qui voulait cette mesure", assure un intime. "Beaucoup lui ont conseillé de l’appliquer de manière plus fine, plutôt que de le faire de manière uniforme", déclare cette source au quotidien du soir.

Une concession d'importance

Comme l'ont réclamé plusieurs élus, dont certains de La République en marche, l'idée d'une application de la mesure au "cas par cas" dans les départements a effectivement été évoquée, pour finalement être abandonnée. Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, a annoncé la mise en place du dispositif le 1er juillet prochain, sur "toutes les routes secondaires". Seule concession accordée, la mesure sera d'abord expérimentale, et fera l'objet d'une évaluation au bout de deux ans. Un détail qui n'en est peut-être pas un, et qui laisse penser que l'Elysée pourrait reculer.

"On se donne la possibilité de revenir dessus si ce n’est pas efficace", confirme le Palais, cité par Le Monde.
De fait, dans son discours de janvier, le Premier ministre a mentionné une "clause de revoyure" dans un délai de deux ans.

C.V.