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Vitesse limitée à 80km/h: l'inquiétude touche aussi les députés de la majorité

Le Premier ministre Edouard Philippe à l'Assemblée nationale le 17 janvier 2018

Le Premier ministre Edouard Philippe à l'Assemblée nationale le 17 janvier 2018 - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

De nombreux députés, dont certains de La République en Marche, ont fait part de leur mécontentement concernant la baisse de la vitesse maximale autorisée sur les routes nationales et départementales annoncée par le gouvernement.

La tension monte dans tous les camps... même au sein du parti au pouvoir. Selon Le Parisien, plusieurs députés LaREM seraient opposés à la limitation de vitesse à 80 km/h sur certaines routes secondaires, confirmée le 9 janvier par le Premier ministre Edouard Philippe. 

"Que les technos des ministères aillent en province"

Si le gouvernement espère sauver entre 350 et 400 vies par an grâce à cette mesure, ce sont les conséquences financières qui irritent avant tout les députés. Cet abaissement de vitesse devrait engendrer une augmentation conséquente du nombre d'amendes, ce qui inquiète dans la ruralité, comme l'explique un député de la majorité au quotidien francilien:

"L'Elysée et Matignon ne semblent pas s'en rendre compte, mais quand moi ou mes collègues nous retournons dans nos circonscriptions, on nous parle de quoi? Des 80 km/h! Que les technos des ministères aillent en province et ils verront monter le mécontentement", se serait-il enflammé.

Un constat partagé par Marc Zulesi, député LaREM des Bouches-du-Rhône:

"Il y a des inquiétudes légitimes exprimées par les professionnels de la route, comme les transporteurs routiers ou les chauffeurs de taxi. L'impact risque d'être réel sur leurs recettes", a-t-il déclaré au Parisien.

Rester "sur la ligne gouvernementale"

Quelques jours plus tôt, c'est le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, qui aurait affiché son opposition, selon les informations du JDD. Mais pas question pour les députés de la majorité de faire trop de vagues. Un membre de l'entourage de cet ancien élu du Cantal aurait tenu à préciser que "le ministre reste sur la ligne gouvernementale".

Céline Penicaud