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Hollande: l'opération Serval au Mali est "réussie militairement"

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Le président François Hollande, s'exprimant vendredi sur la politique internationale, a évoqué l'opération Serval, qu'il juge "militairement réussie".

Santé de Bouteflika, Tchad, opération Serval au Mali, République démocratique du Congo, François Hollande s'est exprimé vendredi devant France 24, Radio France Internationale et TV5Monde, sur des questions de politique internationale.

> Le Mali: une opération "militairement réussie"

Le président a ainsi estimé que l'opération Serval au Mali était "réussie militairement (et) pratiquement" et qu'elle devait à présent être "réussie politiquement" avec l'organisation d'élections dans ce pays du Sahel.

Le chef de l'Etat a rappelé que l'opération Serval, lancée par Paris en janvier dernier, avait pour objectif de "libérer le Mali de l'emprise terroriste" et a observé que "cet objectif a été atteint militairement et pratiquement".

Selon lui, "il n'y a plus un seul morceau du Mali qui puisse être sous contrôle de terroristes" et "une grande part" d'entre eux ont été mis hors d'état de nuire, les autres groupes s'étant repliés "quelque part", vraisemblablement "au sud de la Libye".

> La Libye: pas d'engagement militaire de la France

Le président François Hollande a écarté tout engagement militaire de la France en Libye en dehors du cadre des résolutions de l'Onu.

"Il y a des règles pour toute intervention française. Nous, nous intervenons dans la légitimité que nous confèrent les résolutions de l'Onu et dans aucun autre cadre", a affirmé François Hollande soulignant que "jusqu'à présent nous n'avons pas été appelés par les autorités libyennes".

"Donc je veux couper court à ce qui n'est pas une information", a-t-il déclaré à propos des informations de presse évoquant une intervention de la France.

> Bouteflika: "un retour le plus vite possible"

Le président a également indiqué espérer "un retour le plus vite possible" dans son pays du président algérien Abdelaziz Bouteflika, hospitalisé à Paris depuis plus d'un mois et dont l'état de santé fait l'objet de nombreuses rumeurs.

"Il est en convalescence dans l'établissement des Invalides (un hôpital militaire parisien) où il se voit prodiguer tous les soins nécessaires et il aura ensuite à rentrer, j'espère le plus vite possibble, dans son pays", a déclaré le président français.

Arrivé en France à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce le 27 avril, à la suite d'un AVC mineur selon les autorités algériennes, le président algérien avait été transféré le 21 mai aux Invalides "afin d'y poursuivre sa convalescence", selon le ministère français de la Défense.

> Droits de l'homme

François Hollande a également évoqué le sort d'un Franco-Camerounais détenu au Cameroun depuis 20 ans, condamné à 15 ans de prison pour détournement de fonds.

Michel Atangana, naturalisé français en 1988, a été condamné à 15 ans de prison en 1997 pour détournement de fonds. A l'issue de sa première peine, en 2012, il a été rejugé et condamné à 20 ans de réclusion supplémentaires. "Ca fait trop longtemps, 20 ans que ça dure, et c'est inadmissible", a déclaré le chef de l'Etat.

François Hollande s'est aussi défendu de ne pas intervenir pour défendre les droits de l'homme dans d'autres pays, comme la République démocratique du Congo ou le Tchad.

"En RDC, j'y suis allé moi-même, j'ai porté mon soutien pour que le procès" des accusés dans l'affaire Floribert Chebeya "puisse avoir lieu". "J'ai dit combien il était indispensable que ce procès ait lieu et je continuerai ma pression sur le président (Joseph) Kabila pour que ce procès ait lieu et pour que la vérité éclate quoi qu'il en coûte", a assuré le président français.

Floribert Chebeya est un militant des droits de l'Homme assassiné en juin 2010 à Kinshasa. Le 23 juin 2011, en première instance, la cour militaire de Kinshasa avait condamné à mort le colonel Mukalay, numéro 2 des services spéciaux de la police, ainsi que trois policiers jugés par contumace car en fuite. Un autre avait été condamné à la prison à perpétuité et trois avaient été acquittés.

Interrogé enfin sur le Tchad, où des députés et des journalistes sont emprisonnés, le président français s'est défendu d'être l'obligé de son homologue Idriss Deby dont l'armée a combattu aux côtés des Français au Mali.

"Non, ce n'est pas la relation que j'ai avec l'Afrique et avec le Tchad. Le Tchad a payé un lourd tribut à la libération du Mali de l'emprise terroriste et je ne l'oublierai pas parce que je sais ce que les armées du Tchad ont été capables de faire", a répondu François Hollande.


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M.R. avec AFP