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Hollande: "Je n'ai jamais été favorable à la VIe République"

François Hollande au Conseil constitutionnel, le 3 octobre.

François Hollande au Conseil constitutionnel, le 3 octobre. - -

La classe politique française célébrait, ce jeudi, le 55e anniversaire de la Constitution française de 1958. A cette occasion, une cérémonie était organisée au Conseil constitutionnel, où François Hollande a donné un discours.

La Constitution de la Ve République fêtait son anniversaire en grande pompe, ce jeudi. A l'occasion des 55 ans du texte constitutionnel rédigé en 1958, près de 200 anciens ministres, parmi lesquels Robert Badinter, Dominique de Villepin ou encore Jean-Pierre Chevènement, ainsi que l'actuel gouvernement au complet, participaient à une cérémonie, dans les murs du Conseil constitutionnel organisée par Jean-Louis Debré, président de l'institution.

Une cérémonie à laquelle les anciens présidents de la République Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et Valéry Giscard d'Estaing, tous conviés, n'ont pas répondu présent.

Le retour du référendum d'initiative populaire

Face à cette assemblée mêlant tendances et générations politiques, François Hollande a prononcé un discours, peu après midi, au cours duquel il a notamment rappelé son attachement au texte de 1958, qu'il convient, selon lui, de continuer à moderniser.

Dans cette optique, le chef de l'Etat a annoncé un projet de loi à venir pour appliquer le référendum d'initiative populaire, jugeant "nécessaire", de "mieux associer les citoyens à la vie publique".

"La révision constitutionnelle de 2006 avait prévu le référendum d'initiative populaire. La loi organique permettant l'application de cette mesure n'a toujours pas été adoptée. J'ai demandé au gouvernement de soumettre un projet au parlement avant la fin de l'année", a-t-il lancé.

"55 ans après, elle est toujours là"

François Hollande a salué une "initiative exceptionnelle, audacieuse" de la part de Jean-Louis Debré. "En réunissant des ministres qui ont servi sous la Ve République, vous avez voulu montrer que nos institutions ont permis de servir chacune à leur tour notre pays", a-t-il ajouté.

"La Constitution de 1958 n'était pas forcément promise à cette longevité", a déclaré le chef de l'Etat, avant de rappeler: "Elle était née dans des circonstances particulières, répondant à la volonté du Général de Gaulle. Pourtant 55 ans après, elle est toujours là. La constance l'a emporté sur la circonstance".

Le président a toutefois souligné que le texte de 1958 n'était "pas une rupture aussi forte que certains le proclamaient ou le craignaient". "Il se référait explicitement à la déclaration des Droits de l'homme et au préambule de la Constitution de 1946", a-t-il ainsi rappelé.

Évolutions et transformations

François Hollande a également salué les transformations de la Constitution au fil des évolutions de la société française. Le respect de la dignité humaine, de l'environnement, de la vie privée ou encore le droit à un logement décent ont ainsi fait leur apparition dans le texte, révisé 24 fois depuis 1958.

La Constitution de la Ve République est "une oeuvre partagée dont nous n'avons pas à nous plaindre", a estimé le chef de l'Etat, qui a rappelé que le quinquennat a été adopté en 2000, suite à un accord entre Jacques Chirac et Lionel Jospin, et que la question prioritaire de constitutionnalité est une mesure qui fut proposée en 1989 par François Mitterrand et mise en place en 2009, sous Nicolas Sarkozy.

"Cette modernisation de nos institutions n'est pas achevée. J'estime même nécessaire de la poursuivre", a ajouté François Hollande. "Nous avons à mieux garantir l'indépendance de la justice, à faire en sorte que tous les Français se reconnaissent davantage dans la République".

"Pas favorable" à une VIe République

François Hollande a par ailleurs indiqué n'avoir "jamais été favorable" à une VIe République, dont l'idée avait été lancée par l'actuel ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, au début des années 2000.

"Ce fut longtemps un débat, y compris lorsque j'exerçais d'autres fonctions. Et je ne le dis pas parce que je suis devenu président de la République. Car je n'ai jamais pensé qu'il serait possible d'en terminer avec l'élection du chef de l'Etat au suffrage universel direct", a justifié François Hollande.

Adrienne Sigel