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Grâce de Jacqueline Sauvage: la décision d'un Président "humain et libre"

François Hollande a pris seul la décision de gracier Jacqueline Sauvage.

François Hollande a pris seul la décision de gracier Jacqueline Sauvage. - AFP

Condamnée à deux reprises à 10 ans de prison pour le meurtre de son mari, Jacqueline Sauvage est sortie mercredi soir de prison au terme d'un combat judiciaire et sociétal. Une bataille à laquelle a mis fin François Hollande en graciant la sexagénaire.

A gauche comme à droite, chose assez rare pour être signalée, la décision est saluée. Mercredi Jacqueline Sauvage, cette femme devenue malgré elle le symbole de la violence faite aux femmes, est sortie de prison. Quelques heures plus tôt, le président de la République, François Hollande, annonçait avoir accordé une grâce totale à la sexagénaire, reconnue coupable par deux jurés populaires du meurtre de son mari violent et condamnée à dix ans de prison. Une décision de l'Elysée qui a mis "fin immédiatement à sa détention".

Depuis le début de cette affaire, François Hollande avait suivi de près le dossier. En janvier 2016, il avait déjà accordé une grâce partielle à Jacqueline Sauvage lui permettant de déposer une demande de libération conditionnelle de manière anticipée. A deux reprises, cette demande avait été rejetée, la dernière fois c'était le 24 novembre dernier. Quelques jours plus tard, le cas de Jacqueline Sauvage semblait être tranché, il n'y aurait pas de grâce totale.

Unanimité de la classe politique

Le Président a pourtant choisi cette période de fêtes, où chacun se retrouve en famille, pour que Jacqueline Sauvage retrouve ses filles. Le Président estimait qu’il ne fallait pas qu’elle commence une nouvelle année en prison", a expliqué l'entourage du président à BFMTV.com, alors que la sexagénaire a fêté son 69e anniversaire mardi dernier en prison. Pour une fois, le président de la République a tranché, seul. C'est "une décision personnelle", assure-t-on dans son entourage.

Pour preuve, sur Twitter, l'annonce a été faite sur le compte du chef de l'Etat, pas celui de l'Elysée. Car François Hollande est enfin parvenu à la synthèse à laquelle il est tant attaché et qu'il a tenté, en vain, d'obtenir pendant son quinquennat. Il a réussi à réunir son camp (Macron, Hamon, Valls ont félicité cette décision), mais aussi le reste de la classe politique. Seule opposition: celle des magistrats. La présidente de l'Union syndicale des magistrats (USM), Virginie Duval dénonçait sur Europe 1 "une décision consternante".

Une sortie soignée

Une nouvelle fois, François Hollande se met à dos les magistrats - à qui il avait dû présenter ses excuses après ses propos peu amènes relayés dans le livre Un président ne devrait pas dire ça. Mais peu importe: comme il l'a annoncé le 1er décembre dernier, François Hollande ne sera pas candidat dans quelques mois à la présidentielle. "On ne pourra plus dire qu'il a fait ça dans une optique électorale", lance au Parisien une de ses fidèles.

Depuis cette annonce, "il est super détendu, libéré, il plaisante", poursuit un autre. Il est aussi le président "humain" qu'il a toujours voulu être. A l'instar de la grâce de Jacqueline Sauvage, il y a quelques jours il a décidé de confier l'impression de ses cartes de voeux à l'imprimerie de Dammartin-en-Goële, où s'étaient cachés les frères Kouachi.

François Hollande soigne sa sortie qui interviendra dans cinq mois. Après un début de quinquennat chaotique, entre l'affaire Cahuzac, la cinglante défaite de la gauche aux municipales, la colère des frondeurs ou encore l'affaire plus personnelle de sa séparation avec Valérie Trierweiler, en début de semaine, le Président avait enfin de quoi sourire et parle de la "satisfaction du travail engagé". Héritage laissé au gagnant de la primaire de la gauche? François Hollande n'a jamais annoncé qu'il quittait la vie politique.

Justine Chevalier avec Elodie Hervé