BFMTV

Pourquoi Jacqueline Sauvage a-t-elle été graciée?

François Hollande a finalement décidé d'accorder une grâce totale à Jacqueline Sauvage. Sans le vouloir, elle était devenu le symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes. Contacté par BFMTV.com, l'entourage du président parle d'une "décision personnelle".

Jacqueline Sauvage est libre. Le président François Hollande a décidé, ce mercredi, d'accorder une grâce totale à cette femme devenue, malgré elle, le symbole des violences faites aux femmes. l'entourage de François Hollande confie à BFMTV.com qu'il s'agit d'une décision "humaine" et "personnelle". 

Une reconnaissance de la souffrance des femmes battues

Sur notre antenne, Véronique Guegano, la fondatrice du comité de soutien à Jacqueline Sauvage, est revenue sur cette libération. Pour elle, cela ne fait aucun doute. Cette grâce présidentielle est un pas vers une meilleure reconnaissance de la souffrance des femmes battues. 

"Je suis très surprise, et nous sommes soulagées! Enfin on peut respirer! François Hollande a fait un grand geste envers les femmes battues aujourd'hui. Il reconnaît la souffrance qu'elles subissent."

Cette demande de grâce totale avait soulevé un débat sur un éventuel "permis de tuer". Des pénalistes expliquaient alors que ce cas était devenu "un objet de militantisme, au service d'une idéologie". Ce à quoi, Véronique Guegano répond: 

"On n'a jamais donné le droit de tuer, on voulait juste que l'on reconnaisse que cette femme a souffert pendant des années. Aujourd'hui encore beaucoup de femmes souffrent et il n'y a pas assez de moyens pour les défendre, pour les mettre à l'abri". 

Une décision personnelle du président

Du côté de l'Elysée, les proches de François Hollande parlent, à BFMTV.com, d'une "décision personnelle" et "humaine". Dans le communiqué publié par son service de presse, le président écrit que "sa place n'était plus en prison mais auprès de sa famille". 

En 2014 puis en appel en 2015, Jacqueline Sauvage avait été condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent. Ses trois filles avaient témoigné à charge contre leur père, expliquant avoir été violées et battues, comme l'avait été leur mère, et cela pendant des années.

Mais cette demande a été rejetée en première instance, puis en appel.

"Résultat elle a passé une année de plus en prison. Le président estimait qu’il ne fallait pas qu’elle commence une nouvelle année en prison", explique l'entourage du président à BFMTV.com

Commencer une nouvelle année "libre"

Depuis, la position du président a beaucoup évolué. Opposé dans un premier temps à une grâce totale, qu'il voyait comme un héritage de la monarchie, il avait signé une grâce partielle qui devait lui permettre de présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle.

Mais face à la mobilisation populaire, François Hollande semble avoir voulu aller jusqu'au bout de sa décision. "Il voulait qu'elle commence la nouvelle année, libre", ajoute son entourage. 

Quant au calendrier, son entourage précise qu'une demande de grâce totale a été déposée début décembre. La chancellerie a alors rendu une décision et des discussions avec le garde des Sceaux et le Premier ministre ont suivi. Toute cette procédure prend du temps, souligne son entourage. 

Elodie Hervé