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Fonction publique: un collectif interpelle Macron sur les inégalités femmes-hommes

Marlène Schiappa et Emmanuel Macron lors du discours présidentiel sur l'égalité hommes-femmes comme grande cause du quinquennat, le 25 novembre 2017.

Marlène Schiappa et Emmanuel Macron lors du discours présidentiel sur l'égalité hommes-femmes comme grande cause du quinquennat, le 25 novembre 2017. - ludovic MARIN / POOL / AFP

Dans une lettre ouverte, un collectif réunissant plusieurs réseaux féminins de l'administration réclame des mesures concrètes pour lutter contre les inégalités et demande à rencontrer le président de la République.

Emmanuel Macron se plaît à affirmer qu'il fait ce qu'il avait dit. Pourtant, un collectif de femmes de la fonction publique l'a récemment interpellé pour souligner que des mesures concrètes pour favoriser l'égalité entre les femmes et les hommes manquaient à l'appel, alors que ce combat a été érigé grande cause du quinquennat. Dans une lettre ouverte publiée par L'Express le 4 janvier, plusieurs réseaux de femmes de l'administration disent leur "inquiétude", des mois après une première missive adressée à Emmanuel Macron alors qu'il n'était que candidat. 

"Force est de constater que, malgré les annonces faites dans les premiers mois de votre quinquennat, que les réseaux féminins saluent, l'inquiétude prédomine sur la place des femmes dans le pilotage de l'Etat, sur leurs parcours professionnels et sur la lutte contre les stéréotypes, le sexisme et le harcèlement sexuel", écrivent ces femmes travaillant dans les sphères de la justice, de l'intérieur ou encore la diplomatie. 

Pour une loi Sauvadet 2

La lettre pointe plusieurs motifs d'inquiétude, et notamment la composition des cabinets ministériels, ainsi que les nominations aux postes de responsabilité, largement confiés à des hommes. "Les femmes ne représentent que 38% des effectifs des cabinets - à l'Elysée: 17 femmes sur 53 membres du cabinet sans compter les militaires (...). Le portage politique de ce sujet par vos ministres régresse par rapport à la mandature précédente", écrivent-elles, plaidant pour l'élaboration d'un dispositif "Sauvadet 2".

Depuis 2017, la loi Sauvadet impose un minimum de 40% de femmes parmi les premières nominations aux postes d'encadrement supérieur et des dirigeants de l'Etat. Mais pour l'année écoulée, cette obligation ne sera sans doute pas respectée, comme le précise la lettre. L'Opinion relève ce mercredi qu'avec 38% de femmes dans les primo-nominations en 2017, le ministère de la Défense va devoir payer 120.000 euros de pénalités pour non-respect de la loi, et le ministère de la Justice de 60.000 euros.

L'exécutif rechigne à incarner ces sujets

Se disant prêtes à travailler avec le président de la République et à formuler "des propositions concrètes pour accompagner la secrétaire d'Etat en charge de l'égalité entre femmes et hommes et son collègue en charge du dialogue dans la fonction publique , elles demandent à rencontrer le chef de l'Etat lors d'un entretien. Car comme le suggère la lettre, cette question est transversale et du ressort de plusieurs ministères, dont celui du Travail. D'après L'Opinion, l'Elysée n'a pas répondu à la lettre, et ses signataires ont été réorientées vers Marlène Schiappa, qu'elles doivent rencontrer prochainement.

Malgré les engagements pris par Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle (comme celui de créer un ministère plénier pour les droits des femmes), les sujets liés à l'égalité entre les sexes sont très souvent confiés au secrétariat d'Etat de Marlène Schiappa, qui travaille sous l'autorité du Premier ministre. Pour autant, l'exécutif est avare de prises de position ou de parole sur le sujet, alors qu'Emmanuel Macron ou Edouard Philippe montent régulièrement au créneau sur d'autres thématiques, comme récemment sur la sécurité routière. 

Charlie Vandekerkhove