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Emmanuel Macron et Stéphane Bern recadrés sur Twitter par les historiens sur l'ordonnance de Villers-Cotterêts

Emmanuel Macron et Stéphane Bern à Port-Marly, dans les Yvelines.

Emmanuel Macron et Stéphane Bern à Port-Marly, dans les Yvelines. - Ludovic Marin - AFP

En visite au château de Monte-Cristo, dans les Yvelines, le président et l'animateur télé ont quelque peu exagéré le rôle de cette ordonnance prise par François 1er.

Ne s'improvise pas professeur d'histoire qui veut, même quand on est président de la République. Emmanuel Macron et Stéphane Bern l'ont appris à leurs dépens samedi lors des Journées du patrimoine. Une interprétation quelque peu approximative et simplificatrice de l'ordonnance de Villers-Cotterêts prise par François 1er en août 1539, leur a valu une volée de bois vert sur Twitter.

Toujours aux aguets et prompte à décrypter les erreurs d'interprétation de nos politiques, qu'elles participent d'une instrumentalisation ou d'une simple méconnaissance, l'historienne Mathilde Larrère est une fois de plus montée au créneau. Comme elle l'avait fait à propos de Nicolas Sarkozy et du célèbre "nos ancêtres les Gaulois", celle qui fut membre du Parti de gauche n'a pas raté ceux pour qui l'histoire garde encore quelques secrets.

Des histoires pour les enfants

Rembobinons. Samedi le président visite le château de Monte-Cristo, à Port-Marly, dans les Yvelines, avec une classe de CM2. Il est accompagné de la ministre de la Culture et de l'animateur de l'émission "Secrets d'histoire", Stéphane Bern. Celui-ci, qui n'a jamais fait mystère de ses opinions royalistes et qui vient d'être promu "Monsieur Patrimoine" par le président, se lance dans une présentation sur le rôle éminent de ladite ordonnance qui "a fait du français la langue officielle". "Si nous parlons tous le français, c'est grâce à l'ordonnance de Villers-Cotterêts.

Et le président de renchérir devant les élèves et la caméra du service de communication de l'Elysée: "A ce moment-là, dans son château, le roi a décidé que tous ceux qui étaient dans son royaume devaient parler français." 

"Le roi a décidé..." Oui, mais en fait non

La réaction des professeurs ne s'est pas fait attendre. Sur Twitter, ils ont immédiatement précisé le rôle réel de cet édit, non sans un air de moquerie amusée.

Par delà l'anecdote, l'Histoire avec un grand "H" retiendra que l'ordonnance de Villers-Cotterêts dite aussi Guilelmine visait surtout à faire en sorte que les justiciables, dont la plupart ne lisaient pas le latin, puissent comprendre les décisions de justice et les documents officiels. Elle ne s'attaquait en rien aux innombrables patois parlés alors dans le royaume.

David Namias