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Dossier grec, Europe: Hollande, conquérant, savoure son 14-Juillet

François Hollande s'est prêté au traditionnel exercice de l'interview du 14-Juillet. Grèce, menaces terroristes, politique intérieure, retour sur les moments marquants.

C'est une interview très solennelle et patriotique dans la forme que François Hollande a accordé mardi 14 juillet à TF1 et France 2, entretien durant lequel il s'est montré très ferme, employant à de nombreuses reprises la première personne pour évoquer l'action de la France. Peu d'annonces mais beaucoup d'explications pédagogiques d'un chef de l'Etat qui estime être "un président audacieux": voici ce qu'il fallait en retenir.

Grèce: Hollande raconte les coulisses de la négociation

François Hollande est d'abord revenu en détail sur le dossier grec, soulignant avec un plaisir certain combien il s'était beaucoup investi ces dernières semaines afin d'éviter qu'Athènes ne sorte de la zone euro, ce qui semble désormais acquis avec l'accord trouvé lundi. "L'Europe a gagné, et la France a pris toute sa place et joué tout son rôle". Tirant les leçons de cette crise, il a exprimé le souhait d'approfondir l'intégration de la zone euro, et de créer dans un second temps un budget de la zone euro, et un Parlement dédié.

Fait rare, le président de la République a ensuite relaté ses discussions personnelles avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras, juste après la victoire du non au référendum en Grèce. "Je lui ai dit: "Maintenant, tu es plus fort dans ton pays, c'est sûr avec ce référendum, mais tu es plus faible en Europe. Est-ce que vous voulez rester ou pas dans la zone euro?"", a raconté François Hollande. "Je lui ai donné cette formule: "Aide-moi à t'aider, aide la France à aider la Grèce". Et la Grèce a fait des gestes qui étaient attendus, et la France a aidé la Grèce".

Menace terroriste: pas d'annonce mais de la fermeté

Le chef de l'Etat a ensuite abordé les questions de sécurité intérieure. Face aux menaces terroristes qui planent sur la France, il s'est montré une nouvelle fois décidé à les combattre sans répit. La mobilisation "peut durer et va durer. Rien ne sera relâché", a-t-il indiqué. Le dispositif actuel de sécurité devrait donc perdurer jusqu'à la fin de l'année. "Actuellement, il y a 30.000 policiers, gendarmes, militaires qui surveillent des sites", a-t-il précisé.

Se mettant dans la peau du président protecteur, François Hollande a souligné que chaque semaine, la France "déjoue des actes terroristes", mais que "les Français ne doivent pas avoir peur, car nous sommes un peuple qui ne doit pas céder face à la menace. Ces groupes cherchent à nous diviser. Face à ces volontés de destruction, nous devons rester unis".

2017: pas de résultat, pas candidat

François Hollande a réaffirmé mardi qu'il "ne serait pas candidat" à un second mandat en 2017 "s'il n'y a pas de baisse du chômage". Laissant sous-entendre en creux qu'il pourrait se présenter à sa propre succession si les résultats sont là. "Personne ne m'a demandé de venir à la place où je suis. Je l'ai voulu, je dois donc assumer cette tâche C'est un principe de responsabilité", a-t-il insisté.

Quant à Manuel Valls, pas question de s'en séparer avant la fin du mandat présidentiel, sauf accident de parcours. "Nous avons un bon Premier ministre qui a pris des engagements. Ce Premier ministre doit terminer le quinquennat avec moi", a déclaré avec fermeté François Hollande.

Alexandra Gonzalez