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Commémoration du Vel d'Hiv: première rencontre entre Macron et Netanyahu à Paris

Le Premier ministre israélien rencontrera Emmanuel Macron pour la première fois

Le Premier ministre israélien rencontrera Emmanuel Macron pour la première fois - THOMAS COEX / AFP

Le Premier ministre israélien tentera probablement de "tester" le chef de l'État sur les intentions de la France dans le dossier israélo-palestinien.

Ce sera une première rencontre. Ce dimanche, Emmanuel Macron accueillera le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Paris pour commémorer la rafle du Vel d’hiv, arrestation massive de plus de 13.000 juifs par la police française en 1942.

À l'issue de la cérémonie, le dirigeant israélien, qui n'est pas venu en France depuis la grande marche contre le terrorisme après les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Casher en janvier 2015, aura un entretien bilatéral avec Emmanuel Macron. L'occasion pour Benjamin Netanyahu de tester son interlocuteur sur les intentions de la France concernant le rôle qu'elle entend jouer sur le dossier israélo-palestinien, ou sur son attitude vis-à-vis de l'Iran, bête noire d'Israël.

"Ligne assez floue"

"Sur le conflit israélo-palestinien, la ligne est encore assez floue", estime Jean-Paul Chagnollaud, spécialiste de la question palestinienne. Emmanuel Macron, qui a reçu récemment à l'Élysée le président palestinien Mahmoud Abbas, a bien réitéré le soutien de la France à la solution à deux États et sa condamnation de la colonisation israélienne, deux axes traditionnels de la diplomatie française sur ce sujet. Mais il n'a pas dit s'il entendait relancer l'initiative française de son prédécesseur François Hollande, qui prônait une approche internationale du conflit et avait organisé en janvier 2017 une conférence internationale sur le Proche-orient, provoquant l'ire d'Israël.

"Netanyahu est un redoutable animal politique et veut s'assurer que la France n'interviendra pas davantage", explique Jean-Paul Chagnollaud, qui rappelle également que les prédécesseurs d’Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy puis François Hollande, "ont espéré avoir de bons rapports avec M. Netanyahu et ont déchanté assez vite". Jeudi, l'historien israélien Zeev Sternhell a publié dans le quotidien Le Monde une tribune intitulée: "M. Macron, soyez ferme face à M. Netanyahu", dans laquelle il exhortait Paris à "prendre ses responsabilités".

La position américaine pourrait offrir une "opportunité"

Les négociations entre Israéliens et Palestiniens n'ont jamais repris depuis l'échec d'une médiation américaine au printemps 2014, et, si le conflit reste de basse intensité, l'explosion menace en permanence. "Il faut que la France et l'Europe se saisissent de la question. Il y a peut-être une opportunité étant donné l'état dans lequel se trouve la Maison Blanche en ce moment et les ‘plans’ de Donald Trump qui restent bien vagues et mystérieux", déclare à l'AFP l'ancien ambassadeur de France en Israël, Elie Barnavi.

Le président américain, qui a un moment laissé planer le doute sur l'engagement des États-Unis pour une solution à deux États, a assuré lors d'une visite en mai en Israël et dans les territoires que la paix était possible, sans en dire plus. L'Iran devrait également être abordé au cours de l'entretien, tout comme la Syrie, qui inquiète de plus en plus Israël compte tenu de l'implication iranienne dans le conflit.

Un déplacement qui fait polémique

Reste que la venue en France de Benjamin Netanyahu est loin de faire l’unanimité. Certains dénoncent en effet "un mélange des genres" ou une "instrumentalisation" des juifs français. L'association UJFP (Union juive française pour la paix) se dit ainsi "choquée" qu'un dirigeant israélien soit convié à la commémoration d'un "crime contre l'humanité franco-français". Le Parti communiste a également protesté, estimant que le Premier ministre israélien n'était pas porteur d'un "message de paix".

De son côté, Benjamin Netanyahu quitte Jerusalem dans un contexte tendu. La ville est en proie à un fort regain de tension, après une attaque anti-israélienne vendredi dans la Vieille ville qui a entraîné la fermeture de l'Esplanade des Mosquées. Le dirigeant israélien, déjà sous le coup de deux enquêtes, laisse également derrière lui des ennuis qui s'amoncellent, notamment une affaire de corruption présumée liée à l'achat de sous-marins allemands qui impliquerait ses proches.

P.L avec AFP