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Accumulation de mauvais sondages pour Emmanuel Macron

Après un an de mandat au style très "jupitérien", le président français traverse désormais une rentrée politique plus tourmentée, entachée par les affaires, les couacs et une côte de popularité en chute libre.

Entre l'affaire Benalla, la démission de Nicolas Hulot, le "trait d'humour" sur les "Gaulois réfractaires", le couac gouvernemental autour du prélèvement à la source et l'ultimatum de Stéphane Bern. La côte de popularité d'Emmanuel Macron décroche brutalement en cette rentrée, après un été lui-aussi difficile.

En ce mois de septembre, ils ne sont plus que 31% des Français à accorder leur confiance au chef de l'Etat, qui a perdu pas moins de 10 points depuis le début de son mandat, soit pire que François Hollande à la même époque de son mandat en 2013, a révélé le dernier baromètre Ifop pour Paris Match. "Une rentrée (présidentielle) funeste" pour Céline Bracq, directrice générale d'Odoxa.

Un manque d'"écoute" et d'"humilité"?

Cette rentrée est jugée "assez mauvaise" par 74% des personnes interrogées dans un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour France Info et Le Figaro. 32% d'entre eux vont jusqu'à la juger "très mauvaise". Même dans les rangs de LaREM, 30% des sondés la considèrent "mauvaise".

La forte baisse du chef de l'Etat dans les sondages "demande interrogation de notre part", a même estimé Gérard Collomb, ajoutant toutefois que "les réformes sont au départ toujours un peu impopulaires". Mais "peut-être, les uns ou les autres, nous avons manqué d'humilité", a-t-il affirmé. 

Manque d'"écoute" et "humilité": les termes ont été repris cette semaine par Gérald Darmanin ainsi qu'Emmanuel Macron lui-même. En cette rentrée, les difficultés se concentrent à l'intérieur. Alors qu'il tente de jouer la carte de la proximité, les résultats économiques tardent à voir le jour et le président se retrouve, comme ses prédécesseurs, embourbé dans les affaires et les remaniements. 

Restaurer une image dorénavant entachée 

D'après le sondage Ipsos pour Paris-Match, 22% seulement des personnes interrogées estiment par ailleurs que le président est proche des préoccupations des Français, 32% pensent qu'il mène une bonne politique économique, et 35% considèrent qu'il a une vision pour l'avenir des Français.

Si la nomination de Roxana Maracineanu a été bien reçu avec 60% d'approbation, 59% des Français sondés par Odoxa regrettent le choix de François de Rugy comme successeur de Nicolas Hulot au ministère de la Transition écologique. Quant au maintien du prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu annoncé mardi par Edouard Philippe, il est approuvé par 6 Français sur 10.

La question est maintenant de savoir si le chef de l'Etat va réussir à enrayer cette déroute comme il avait su le faire en 2017 après la réforme des APL. En attendant, l'Elysée est en passe de restructurer sa cellule communication.

Jeanne Bulant