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A la veille du Salon de l'agriculture, Hollande veut rassurer

François Hollande a donné des garanties aux agriculteurs à la veille de l'ouverture du salon de l'agriculture.

François Hollande a donné des garanties aux agriculteurs à la veille de l'ouverture du salon de l'agriculture. - -

Le chef de l'Etat, dont la visite au Salon de l'agriculture est très attendue, a donné dans une interview publiée vendredi des premiers gages aux agriculteurs. Il a déclaré vouloir simplifier les démarches pour agrandir les élevages.

Au plus bas dans les sondages, François Hollande inaugurera samedi le Salon de l'agriculture. Dans ce contexte, le chef de l'exécutif ne veut pas risquer d'être chahuté dans les travées, comme cela avait été le cas le 11 novembre dernier. Selon Europe 1, il aurait déjà décidé de n'y passer qu'une matinée.

Et pour s'assurer du meilleur accueil possible, François Hollande a donné dès vendredi des gages aux agriculteurs dans un entretien publié par l'hebdomadaire France Agricole. Il promet notamment de ne pas changer le statut des animaux et de faciliter les démarches pour agrandir les élevages.

Un statut des animaux préservé

Premier engagement: François Hollande écarte la possibilité de modifier le statut de l'animal comme le réclament certains défenseurs des bêtes. "Dans le code rural notamment, l'animal est déjà considéré comme un être sensible. Pourquoi ajouter d'autres considérations?", explique le président de la République.

Selon lui, "beaucoup d'efforts ont été réalisés pour le bien-être animal sans qu'il soit nécessaire de le traduire par une loi", estime-t-il. Et sur l'abattage des animaux, "nous devons veiller à faire respecter des conditions qui ne le[s] fassent pas souffrir", ajoute-t-il.

En octobre, une vingtaine d'intellectuels, philosophes, écrivains, historiens et scientifiques français avaient réclamé dans un manifeste un changement du statut des animaux dans le code civil. Le texte demandait "une évolution du régime juridique de l'animal (...) reconnaissant sa nature d'être sensible".

Agrandir les élevages

Le président de la République a également déclaré qu'il souhaite permettre aux agriculteurs de créer ou d'agrandir plus facilement leurs élevages, comme c'est déjà le cas pour les porcheries.

Depuis janvier, les éleveurs qui veulent créer ou agrandir une porcherie comprenant jusqu'à 2.000 porcs (ou 750 truies) n'ont plus à demander une "autorisation" à l'administration. Ils doivent simplement s'"enregistrer".

Un allégement administratif notable qui permet d'éviter de longues enquêtes administratives destinées à mesurer l'impact environnemental des projets d'agrandissement. Cette décision répond aux attentes de la FNSEA, syndicat agricole majoritaire, qui tient vendredi ses "États généraux de l'agriculture".

Les annonces de François Hollande devraient cependant mécontenter les écologistes présents dans la majorité et les organisations environnementales. Ces dernières avaient déjà critiqué les facilités accordées aux éleveurs porcins: les rejets nitratés issus du lisier sont considérés comme une cause majeure de pollution des eaux et de prolifération des algues vertes sur le littoral.

M. K. avec AFP