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Régionales: Hervé Morin, seule tête de liste centriste victorieuse

Hervé Morin à Épaignes, le 13 décembre 2015.

Hervé Morin à Épaignes, le 13 décembre 2015. - Charly Triballeau - AFP

Sur les trois têtes de liste centristes négociées avec Les Républicains, l’ancien ministre Hervé Morin est ressorti, dimanche au second tour des régionales en Normandie, comme le seul victorieux. En Centre Val-de-Loire et en Bourgogne-Franche-Comté, Philippe Vigier et François Sauvadet ont eux été défaits.

Dur dimanche soir pour les centristes. Alliés au parti Les Républicains, ils ont fait une maigre récolte au second tour des élections régionales: deux de leurs têtes de liste sur trois ont été battues, seul l'ancien ministre Hervé Morin a remporté, de justesse, la Normandie. Pour ces élections, les centristes de l'UDI (Union des démocrates et indépendants) et du MoDem faisaient liste commune avec Les Républicains dans toutes les régions, à l'exception du MoDem parti seul en Bourgogne Franche-Comté. 

Au final, l'union de la droite et du centre a limité la casse, remportant sept régions métropolitaines sur douze (hors assemblée de Corse, où la liste nationaliste a gagné), contre cinq pour la gauche et aucune pour le Front national. Mais ça n'a pas été le cas dans les régions où des centristes étaient tête de liste d'union...

Une tête de liste victorieuse sur trois

En Centre Val-de-Loire, le président des députés UDI, Philippe Vigier, a échoué d'une courte tête devant le socialiste François Bonneau. En Bourgogne-Franche-Comté, le député UDI François Sauvadet essuie lui aussi une défaite, presque à égalité avec le FN, laissant la région à Marie-Guite Dufay (PS). Seul Hervé Morin (Nouveau Centre) a remporté son pari en Normandie mais de très peu (36,43% contre 36,06 au PS). 

La présentation de trois têtes de listes UDI en tout avait été le fruit d'une négociation serrée avant l'été entre Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, et Nicolas Sarkozy. Certains membres des Républicains trouvaient d'ailleurs que trois têtes de liste centristes était bien trop généreux au regard du nombre global de régions que la droite espérait reconquérir.

Des remous après le second tour?

Même si l'élection n'a pas tourné à la catastrophe, les résultats pourraient provoquer des remous à droite et au centre. Dimanche, le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, a mis en avant notamment "l'union avec le centre" comme l'un des "principes" qui "doivent rester les nôtres à l'avenir".

Mais après le premier tour, et des résultats plus que mitigés, Jean-Christophe Lagarde avait pointé "la droitisation du discours" qui "valide les thèses absurdes de l'extrême droite". Une critique visant clairement Les Républicains et Nicolas Sarkozy. Pour le président du parti centriste, le résultat de dimanche soir interpelle "ceux qui aspirent à gouverner, parce qu'au premier tour on ne nous a pas fait confiance". 

Depuis quelques mois, plusieurs sources centristes pronostiquent par ailleurs "l'éclatement de l'UDI après les régionales". Prochaine échéance pour l'UDI: choisir de participer ou non à la primaire de la droite et du centre organisée en vue de 2017. Les adhérents de l'UDI choisiront en mars prochain.

Quant au président du MoDem, François Bayrou -qui ne cache pas qu'il se lancera en 2017 si Nicolas Sarkozy emporte la primaire- il a appelé dimanche soir, son grand dada, à une recomposition: "N'attendons pas 2017 pour commencer à reconstruire, il n'y a pas de raison d'attendre 18 mois pour que les choses changent".

V.R. avec AFP