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Régionales: 79% des 18-34 ans se sont abstenus au second tour

79% des moins de 35 ans ne se sont pas rendus aux urnes pour le second tour des élections régionales et départementales.

79% des moins de 35 ans ne se sont pas rendus aux urnes pour le second tour des élections régionales et départementales. - PATRICK HERTZOG © 2019 AFP

Le second tour des élections régionales a été très largement boudé par les plus jeunes, souvent par mécontentement de la classe politique, ou par méconnaissance des enjeux du scrutin.

Comme la semaine passée, c'est l'abstention qui a marqué ce deuxième tour des élections régionales et départementales. Les appels au vote de la classe politique à l'issue d'un premier tour boudé n'y auront rien fait: plus de deux électeurs sur trois ne se sont pas déplacés aux urnes ce dimanche, avec une abstention qui dépasse les 65%, contre 41,5% au second tour de 2015.

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Une claque pour le système électoral français donc, qui concerne toutes les catégories d'électeurs. Mais si ces chiffres sont inédits, les tendances demeurent assez classiques, avec une abstention qui touche à nouveau particulièrement les plus jeunes: selon un sondage Ipsos pour France Télévisions et Radio France, 79% des moins de 35 ans ne sont pas allés voter dimanche. Un chiffre qui baisse avec l'âge: l'abstention devient même minoritaire chez les plus de 70 ans (42%).

Mécontentement ou méconnaissance

Pour ce qui est des raisons qui sont mises en avant par les abstentionnistes, elles sont sensiblement les mêmes qu'au premier tour: un mécontentement face à ce que propose la classe politique, tant au niveau national que régional, un manque d'intérêt pour ce scrutin spécifiquement, voire une méconnaissance importante de l'institution régionale et de ses moyens d'action.

Toujours selon Ipsos, environ un abstentionniste sur quatre au second tour a ainsi souhaité "manifester son mécontentement à l'égard des hommes politiques en général" (27%) ou déclare "qu'aucune liste ou candidat ne lui plaisait" (23%). Un sur cinq avait "d'autres préoccupations ou envie de faire autre chose" (20%) et 18% n'étaient tout bonnement pas intéressés par le scrutin.

Si l'on pousse également du côté de ce manque d'intérêt, on remarque que 17% des abstentionnistes considéraient que le "résultat étant couru d'avance, leur vote ne changerait rien", et 14% déclaraient que "l'action des régions n'a pas d'impact" sur leur vie quotidienne.

Avantage LR et PS

Forcément, ces chiffres de l'abstention ont eu un impact sur les résultats et les partis qui en sont sortis fragilisés...ou renforcés. La participation nettement plus forte chez les plus âgés a par exemple eu tendance à être favorable aux Républicains ou au Parti socialiste.

Selon Ipsos, 70% des sympathisants de la France Insoumise et d'Europe Ecologie-Les Verts ne se sont pas déplacés dimanche, dix points au-dessus des sympathisants socialistes (60%) et quatorze au-dessus des sympathisants LR/UDI (54%). Du côté du Rassemblement national, 64% des proches du parti se sont abstenus pour ce second tour.

Cette tendance, on l'observe aussi si l'on se penche dans le détail sur le profil des abstentionnistes par rapport à leur vote au premier tour de la présidentielle de 2017: 70% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon (LFI) ne sont pas allés voter pour ce second tour, contre "seulement" 56% chez les électeurs de François Fillon.

Les électeurs d'Emmanuel Macron, eux, se sont moins abstenus que la moyenne (58%), même si cette tendance ne s'est pas retrouvée dans les résultats électoraux de LaREM sur ces élections.

Enquête réalisée en ligne entre le 25 et le 26 juin 2021 auprès d'un total de 1499 personnes inscrites sur les listes électorales, représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus.

Louis Augry