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Présidentielle

Yannick Jadot sévèrement tancé après son discours à Strasbourg visant Emmanuel Macron

Les accusations du candidat écologiste à l'endroit du président de la République, l'estimant "climato-arrangeant", n'ont pas été du goût de la présidente du Parlement européen ni de la macronie.

Un discours qui irrite. Alors que Yannick Jadot a attaqué Emmanuel Macron après son discours sur les priorités de la présidence française de l'Union européenne, le candidat écologiste s'est fait vertement recadrer. A commencer par la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola.

"Respecter le débat"

"Je vous demanderai à tous de respecter le débat dans cette chambre aujourd'hui par respect par l'Europe, nos citoyens", a déclaré la toute nouvelle patronne de l'institution.

La Maltaise réagissait ainsi aux propos tenus par le candidat écologiste à la tribune de l'hémicycle quelques minutes après le discours du chef de l'État français.

"Vous resterez dans l'histoire le président de l'inaction climatique. Au fond vous êtes un climato-arrangeant, vous préférez signer des armistices avec les lobbys plutôt que de mener la guerre contre le dérèglement climatique", a lancé l'eurodéputé EELV, s'adressant directement à Emmanuel Macron, et ne faisant pas face à ses collègues du Parlement européen.

"Gardez vos nerfs" demande Marlène Schiappa

Il a encore jugé que le locataire de l'Élysée préferait "procrastiner telle Meryl Streep dans Don’t Look Up", un film racontant la course contre la montre de deux scientifiques qui peinent à convaincre leur gouvernement d'agir contre un astéroïde qui va percuter la Terre et décimer toute sa population.

Ses propos ont également fortement déplu sur les bancs de la macronie.

Marlène Schiappa a regretté cette attitude. "Tourner le dos aux parlementaires européens pendant tout son discours pour pointer du doigt et attaquer ad hominem le Président de la République dans une instance européenne est indigne (...). #Gardez vos nerfs", a tweeté la ministre déléguée à la Citoyenneté.

"Tartuffe" pour Clément Beaune

Même son de cloche du côté de Clément Beaune, le secrétaire d'État aux Affaires européennes.

"Ils nous répètent que la présidence française de l'Union européenne ne devrait pas être percutée par l'élection présidentielle... Et ils confondent le Parlement européen et une salle de meeting. Lamentables #Tartuffes", a-t-il estimé sur Twitter.

Clément Beaune fait référence aux oppositions qui jugent qu'Emmanuel Macron aurait dû décaler la présidence française au nom de l'élection présidentielle qui aura lieu en plein milieu.

De son côté, le président du groupe Renew Europe Stéphane Séjourné a dénoncé une "honte" au micro du Parlement.

"Quelle honte de transformer cet hémicycle en Assemblée Nationale", a-t-il lancé à l'intention de Yannick Jadot.

S'enfoncer dans "l'aigreur et le mépris"

L'eurodéputé Nathalie Loiseau et ancienne ministre des Affaires étrangères a également regretté les propos de Yannick Jadot.

"Le choix des oppositions françaises de transformer le Parlement européen en tribune pour leurs frustration se retourne contre elles: elles s'enfoncent dans la mesquinerie et l'aigreur. Elles pesaient déjà peu dans notre assemblée. Elles courent le risque de peser moins encore", a jugé sur Twitter l'ex tête de liste La République en marche.

Yannick Jadot s'est lui défendu, à la sortie du Parlement européen. "Le discours que j'ai eu, c'est un discours sur l'Europe parce que vous savez, la politique climatique, la politique énergétique, elle est aussi beaucoup européenne", a justifié le candidat écologiste au micro de BFMTV.

Marie-Pierre Bourgeois