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Présidentielle: Yannick Jadot, une candidature loin de profiter aux autres prétendants à gauche

La victoire de l'eurodéputé au second tour de la primaire écologiste constitue une mauvaise nouvelle pour plus d'un candidat à l'élection présidentielle, selon nos éditorialistes.

Le bonheur d'un prétendant fait bien le malheur des autres. La victoire de Yannick Jadot au second tour de la primaire écologiste qui l'opposait à Sandrine Rousseau constitue une seconde chance pour l'eurodéputé. Déjà investi par les Verts en 2017, il a cette fois assuré à plusieurs reprises qu'il ne se rangera pas derrière les socialistes, les Insoumis ou les communistes pour l'élection présidentielle de 2022.

"On ne vient pas pour témoigner, mais pour gagner", a réaffirmé Yannick Jadot ce mardi soir sur le plateau de France 2.

"Une très mauvaise nouvelle pour Anne Hidalgo"

La gauche partira donc en rang encore plus dispersé pour cette échéance électorale. C'est justement au bord de cet échiquier politique que la candidature de l'écologiste a le plus d'impact, a analysé l'éditorialiste politique Alain Duhamel sur notre antenne.

"C'est une très mauvaise nouvelle pour Anne Hidalgo et une mauvaise nouvelle pour Jean-Luc Mélenchon, parce que s'il avait eu une candidate proche de lui (comme Sandrine Rousseau, NDLR) il aurait pu imaginer qu'il y avait une dynamique de ce côté là", soutient l'éditorialiste politique sur notre antenne. Ce dernier estime qu'au travers de cette victoire du député européen, "c'est une autre écologie qui surgit, une écologie plus mûre, plus ouverte, ce qui ne veut pas dire plus molle."

S'agissant d'Anne Hidalgo, Alain Duhamel juge que "Yannick Jadot a des capacités de rassemblement et de nouveauté et de modernité, plus évidente" que la maire de Paris. L'éditorialiste politique Amandine Atalaya, elle aussi, est catégorique: cette victoire de l'écologiste est, "de façon certaine", une "mauvaise nouvelle" pour la candidate socialiste.

"Il peut lui prendre des voix en présentant une écologie perçue par certains comme plus moderne, plus dynamique, plus inventive", avance l'éditorialiste politique de BFMTV.

Christophe Barbier va encore plus loin. L'éditorialiste estime, sur BFMTV, que le succès de la primaire écologiste, au regard du nombre de participants qu'elle a réuni par rapport aux précédents scrutins, donne du poids à Yannick Jadot. De là à ce qu'arrive le scénario inverse de 2017, à savoir le retrait de la candidature écologiste au profit de celle socialiste? "En s'appuyant sur cette légitimité, sur le fait que dans la plupart des sondages il est devant Anne Hidalgo, sur le précédent de 2017 et sur le renvoi d'ascenseur il peut aller voir les socialistes et leur dire 'retirez-vous'", estime-t-il.

Avec Mélenchon, une probable course dans les sondages

Il n'y a pas que chez ses anciens alliés que Yannick Jadot peut prendre des voix. Amandine Atalaya relève que la victoire de l'eurodéputé ne fait pas que des heureux au sein de la France Insoumise.

"C'est aussi une mauvaise nouvelle aussi pour Jean-Luc Mélenchon: Sandrine Rousseau était plus proche de lui ce qui aurait pu signifier sa victoire en cas de dynamique pour lui", explique l'éditorialiste de BFMTV.

Pour Pablo Pillaud Vivien, responsable éditorial de la revue Regards, tout va dépendre des dynamiques dans les sondages qui sortiront dans les prochains mois.

"Pour l'instant Yannick Jadot plafonne à 6-7%, il est toujours en dessous de Jean-Luc Mélenchon et n'est toujours pas le premier à gauche, c'est cela qu'il va devoir démontrer dans les semaines à venir", relève-t-il en expliquant que Yannick Jadot aura plus de facilité à récupérer des voix chez le Parti socialiste, "ils visent le même électorat".

À la conquête d'électeurs déçus par Macron

Celui qui se rêve en "président du climat" pourrait aussi représenter une perte de voix pour l'actuel locataire de l'Élysée selon Alain Duhamel: "pour Emmanuel Macron ça n'est pas un avantage parce qu'il y a une fraction de son électorat qui vient de la gauche."

"Une portion des électeurs considèrent qu'il (Emmanuel Macron, NDLR) n'a pas un bilan suffisant en matière d'écologie et pourrait regarder avec intérêt cette candidature de Yannick Jadot", développe Amandine Atalaya.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV