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Présidentielle: faute de parrainages, Christiane Taubira jette l'éponge

L'ancienne garde des Sceaux a été contrainte d'annoncer son retrait de la campagne présidentielle, faute d'avoir obtenu 500 parrainages. Rien ne s'est passé comme prévu depuis son entrée en campagne tardive en décembre dernier.

Christiane Taubira n'avait plus le choix. L'ancienne garde des Sceaux a annoncé ce mercredi lors d'une prise de parole qu'elle renonce à sa candidature à la présidentielle.

"Je m'adresse à vous aujourd'hui pour mettre un terme à un inutile suspense, malgré la très forte mobilisation, avec ténacité et enthousiasme, la très forte mobilisation des bénévoles du collectif Taubira 2022, de quelques bénévoles de la Primaire populaire également, de mon équipe de campagne, de quelques élus qui ont fait le choix courageux d'obéir à leur conscience plutôt qu'à leur parti pour certains d'entre eux", a déclaré ministre de la Justice de François Hollande.

"Il est évident que nous ne réussirons pas à réunir les 500 parrainages exigés pour concourir à l'élection présidentielle", a ajouté celle qui n'est parvenue qu'à récolter 181 parrainages d'élus, dénonçant les partis, qui "n'ont plus que leur capacité de nuisance".

Pour l'heure, Christiane Taubira n'a pas indiqué vers qui irait son soutien. Elle a toutefois précisé qu'elle "exprimerai(t) publiquement" son vote du premier tour "dans les prochaines semaines", appelant la gauche à "se ressaisir" dans les jours qui viennent et à "ne pas rater ce rendez-vous de l'Histoire".

Christiane Taubira n'avait "aucun doute"

À deux jours de la date limite des dépôts des parrainages, la Guyanaise a donc préféré se retirer de la course présidentielle. Elle a pourtant jeté ses dernières forces dans la bataille cette semaine, en annulant tous ses déplacements et ses interventions médiatiques.

Mi-février, l'ancienne ministre s'était également fendue de deux courriers auprès de tous les maires de France pour les convaincre de la parrainer au nom du "débat démocratique" tout en tentant de bander les muscles.

"Il y a une équipe qui travaille sur les parrainages et (...) je n'ai absolument aucune inquiétude", assurait-elle encore sur France Bleu le 4 février.

Ne pas pouvoir compter sur son ancien parti

Une manifestation du comité Taubira pour 2022 devant le Conseil constitutionnel quelques jours plus tard montrait cependant la fébrilité du camp de la candidate.

La marche semblait d'autant plus haute que le Parti radical de gauche, son ancien parti, s'était mis "retrait de (sa) campagne", la privant de 280 parrainages assurés d'élus du PRG.

L'ancienne ministre y avait alors vu la main du Parti socialiste. Mais au-delà des bisbilles entre Olivier Faure et Christiane Taubira, l'entrée dans l'arène politique de la candidate, en décembre dernier seulement, explique aussi ses difficultés dans la chasse aux parrainages.

"On a eu tort de partir aussi tard", reconnaît d'ailleurs l'un des lieutenants de la candidate auprès de BFMTV.

Pas de financement pour sa campagne

L'ex-garde des Sceaux était, elle, convaincue que son arrivée dans la campagne puis sa victoire à la Primaire populaire lui permettrait d'engranger des ralliements de poids, des retraits de candidature et une poussée dans les sondages. Rien de tout cela n'a eu lieu.

Derniere épine dans le pied de Christiane Taubira qui explique ce retrait: le manque d'argent pour financer sa campagne. Son équipe s'était fixée jusqu'à début mars pour présenter aux banques plusieurs sondages la plaçant au moins à 7%. Face aux mauvaises performances dans les études d'opinion (1,5% dans le dernier sondage Elabe pour BFMTV et L'Express), un appel aux dons a été lancé. Sans grand succès, rapporte L'Opinion.

Marie-Pierre Bourgeois