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"Ni Macron, ni Le Pen": des lycées bloqués à Paris avant le second tour de la présidentielle

Plusieurs lycées ont été bloqués ce jeudi matin à Paris par des lycéens qui protestent contre le choix laissé à l'élection présidentielle entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Des affrontements ont eu lieu place de la Bastille.

Quatre lycées étaient bloqués ce jeudi matin à Paris et six autres partiellement. Des blocus mis en place par des lycéens mobilisés contre les candidats présents au second tour de l'élection présidentielle. Un appel au blocus avait été lancé sur les réseaux sociaux par des mouvements antifascistes et anticapitalistes comme le groupe Génération Ingouvernable.

Les lycéens mobilisés estiment ne pas être représentés par la classe politique actuelle ni par aucun des deux candidats encore en lice pour l'élection présidentielle. Devant le lycée Voltaire, dans le 11e arrondissement, des barricades ont été dressées avec des poubelles et des panneaux électoraux. Une banderole "Ni Marine, ni Macron, ni patrie, ni patron", a été hissée sur la barricade.

Une centaine de jeunes étaient réunis devant ce lycée avant un rassemblement place de la République. Certains étaient alors munis de bouteilles en verre vides, d'autres le visage partiellement dissimulé par un foulard.

Jets de bouteilles contre gaz lacrymogènes

Plusieurs centaines de personnes se sont ensuite rassemblées place de la République, au départ d'une manifestation qui devait se diriger vers la place de la Nation. Une partie du cortège s'est finalement orienté vers la place de la Bastille. Des affrontements ont eu lieu sur la place et à proximité boulevard Beaumarchais, au milieu de la circulation qui n'avait pas été coupée.

Des manifestants ont alors jeté des bouteilles ou des pierres en direction des forces de l'ordre qui ont répliqué par des gaz lacrymogènes. Sur le chemin du cortège, plusieurs agences bancaires ont été vandalisées et taguées des mêmes slogans anti Marine Le Pen et anti Emmanuel Macron. 

Les manifestants encerclés près de la gare de Lyon

Un jeu du chat et de la souris s'est ensuite engagé entre forces de l'ordre et manifestants. Un cortège de plusieurs centaines de personnes s'est dirigé vers l'avenue de Daumesnil, près de la gare de Lyon. Les manifestants ont alors été encerclés par les forces de l'ordre et immobilisés. Les lycéens ont malgré tout continué à scander leurs slogans et à dénoncer la présence au second tour de l'élection présidentielle de Marine Le Pen et Emmanuel Macron. 

Une autre partie du cortège, très dispersée, s'est retrouvée devant l'entrée du lycée Hélène-Boucher, près de la porte de Vincennes dans le 20e arrondissement. A l'entrée du lycée, des CRS protégeaient l'entrée permettant aux élèves de l'établissement de rentrer. 

D'autres appels à des rassemblements ont été émis dans plusieurs villes en régions. À Rennes, un millier de personnes ont aussi défilé dans le centre-ville à la mi-journée. Une cinquantaine d'entre eux ont ensuite brièvement investi les voies à la gare de Rennes avant d'en être chassés par l'arrivée des forces de l'ordre qui les ont dispersés avec des grenades lacrymogènes. L'incident a provoqué des retards de train allant jusqu'à 30 minutes, selon la SNCF. Les affrontements se sont ensuite poursuivis dans le centre-ville, à grand renfort de grenades lacrymogènes pour tenter de disperser le cortège. Au moins deux manifestants ont été interpellés.

Des manifestations similaires ont eu lieu à Toulouse et à Nantes.

C. B avec Raphaël Maillochon