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Malgré la défaite, une progression continue pour le FN

Marine Le Pen, dimanche 7 mai.

Marine Le Pen, dimanche 7 mai. - Bertrand Guay - AFP

Marine Le Pen a été battue par Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle, mais elle a fait bien mieux que son père en 2002 face à Jacques Chirac.

Le "plafond de verre" est toujours là, mais il ne cesse de reculer. Certes, Marine Le Pen a été très nettement défaite ce dimanche par Emmanuel Macron, par 33,90% des suffrages exprimés contre 66,10% à son adversaire. Pour le Front national, la marche pour accéder à l’Elysée paraît encore bien trop haute. Pour autant, le mouvement frontiste a de réelles raisons d’espérer.

Premier constat: au deuxième tour de la présidentielle, Marine Le Pen a battu le record du nombre de voix obtenues par le FN depuis sa fondation. Avec 10,6 millions de suffrages engrangés, elle a presque doublé le score de son père en 2002 (5,5 millions).

Autre performance inédite: sa progression entre les deux tours. Là où Jean-Marie Le Pen n’avait attiré que 700.000 voix supplémentaires face à Jacques Chirac, Marine Le Pen en a gagné 3 millions. Soit quatre fois plus que son géniteur.

Le "barrage républicain" anti-FN a également moins bien fonctionné en 2017 qu’en 2002. Le nombre de votants qui ont choisi de glisser un bulletin blanc ou nul dans l'urne au deuxième tour en témoigne: ils ont été 4 millions à faire ce choix dimanche contre 1,7 million il y a quinze ans.

Dynamique électorale

Mais le plus grand motif de satisfaction pour Marine Le Pen réside surtout dans la dynamique électorale de sa formation.

Depuis les européennes de 2014, le FN a progressé de centaines de milliers de voix entre chaque scrutin (voir le graphique ci-dessous).

Au deuxième tour des régionales, en décembre 2015, le parti a même récolté davantage de suffrages que sa cheffe à la présidentielle de 2012 (6,8 millions contre 6,4 millions). Un record désormais largement battu depuis dimanche.

G. de V.