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Présidentielle

"Emmerder les non-vaccinés": le candidat Macron entre en campagne à 96 jours du premier tour

Le président Emmanuel Macron lors de sa visite en Arabie saoudite en décembre 2021

Le président Emmanuel Macron lors de sa visite en Arabie saoudite en décembre 2021 - THOMAS SAMSOM

La phrase tenue par le président de la République permet à Emmanuel Macron d'accélérer son agenda de futur candidat et de marquer les esprits. Au risque de nourrir à nouveau un procès en arrogance.

Une phrase qui pourrait bien marquer la campagne présidentielle. "Les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder", a ainsi déclaré Emmanuel Macron dans un entretien aux lecteurs du Parisien ce mercredi matin, dans des propos aux accents de candidat pour 2022.

Si le président de la République a laissé ces dernières semaines Jean Castex monter au front sur le sujet du Covid-19, ses propos lui permettent de frapper fort les esprits. "Et Emmanuel Macron rentra en campagne, dans un fracas", analyse d'ailleurs Laëtitia Krupa, journaliste, spécialiste de la communication politique sur Twitter.

"Une phrase de candidat"

"C'est une phrase de candidat plus qu'une phrase de président", partage également Philippe Corbé, le chef du service politique de BFMTV.

La formule utilisée s'inscrit dans l'histoire politique. "Il faut arrêter d'emmerder les Français", s'était exclamé le président Georges Pompidou, en 1966 alors que Jacques Chirac, tout jeune fonctionnaire, venait lui apporter un montagne de décrets à signer.

Des regrets qui semblent bien loin

Cette sortie semble pourtant très loin de son mea culpa esquissé lors de son entretien-fleuve sur TF1 le 15 décembre dernier.

"Dans certains de mes propos, j’ai pu blesser des gens. On peut faire bouger les choses sans blesser. C’est ça que je ne referai plus", promettait alors le président de la République.

Il expliquait alors regretter les polémiques verbales qui ont émaillé son mandat, de "ceux qui ne sont rien" à "qu'ils viennent me chercher" pendant l'affaire Benalla.

"Une diversion"

"Cette sortie est un peu étonnante. Elle vient renforcer les critiques sur son arrogance et percuter de plein fouet son mea culpa", avance d'ailleurs Matthieu Croissandeau, éditorialiste politique pour BFMTV.

Philippe Moreau-Chevrolet, spécialiste de communication politique et professeur associé à Sciences-Po Paris, y voit lui une "diversion", en pleine explosion du nombre de cas dus au variant Omicron.

"Ca ressemble à une diversion idéale pour faire oublier les 300.000 cas par jour et officiellement en rendre responsables les non-vaccinés. En mode 'Orban'", remarque ainsi l'expert sur son compte Twitter, en référence au président hongrois, au ton très offensif.

La stratégie semble pour l'instant réussir à Emmanuel Macron. Il fait la course en tête dans le dernier sondage Elabe pour BFMTV et L'Express en récoltant 26% des intentions de vote.

Marie-Pierre Bourgeois